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Neutralité carbone, forêts tropicales: à l'ONU, 66 dirigeants s'engagent face à "l'urgence climatique"

Le sommet sur le climat commence ce lundi au siège de l'ONU à New York

Le sommet sur le climat commence ce lundi au siège de l'ONU à New York - Johannes Eisele / AFP

Le sommet sur le climat à l'ONU a débuté sous l'égide de "l'urgence climatique", alors que 66 pays ont adhéré à l'objectif de neutralité carbone d'ici 2050 le matin-même, et que 500 millions de dollars ont été débloqués pour les forêts tropicales par de grands donateurs.

Une soixantaine de dirigeants mondiaux sont à l'ONU ce lundi pour un sommet sur "l'urgence climatique" censé revigorer l'accord de Paris, pressés par une jeunesse mondiale qui réclame la fin des énergies fossiles et la réduction accélérée des émissions de gaz à effet de serre. 

"L'urgence climatique est une course que nous sommes en train de perdre, mais nous pouvons la gagner", a dit le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, qui a aussi invité à la tribune la Suédoise Greta Thunberg, 16 ans, symbole de la jeunesse mondiale révoltée contre l'inaction des gouvernements.

"Je suis en chemin pour les Nations unies. Aujourd'hui, je m'exprime à l'Assemblée générale à l'occasion du sommet sur l'urgence climatique", a tweeté la jeune activiste ce lundi.

Objectif d'une neutralité carbone d'ici 2050

Peu avant l'ouverture du sommet, l'ONU a annoncé que 66 Etats adhéraient désormais à l'objectif d'une neutralité carbone d'ici 2050, c'est-à-dire qu'ils s'engagent à réduire au maximum leurs émissions et à compenser ce qui est tout de même émis, par des procédés naturels ou par des mesures pour le climat.

Ces 66 pays se joignent à 10 régions, 102 villes et 93 entreprises pour parvenir à un bilan de zéro émission de gaz à effet de serre d'ici le milieu du siècle, un objectif fixé par les scientifiques pour contenir le réchauffement de la Terre dans les limites stipulées par l'accord de Paris de 2015, c'est-à-dire au pire +2°C par rapport à la fin du XIXe siècle (la Terre en est à environ +1°C). Jusqu'à présent, seule une vingtaine de pays ont inscrit cet horizon dans leur loi nationale ou engagé ce processus. L'Union européenne espère arriver à un consensus entre Etats membres en 2020.

Ce but était considéré si radical en 2015 que le terme avait été exclu du texte de l'accord de Paris, mais il est en train de s'imposer, rendu plus pressant par les canicules de l'été dernier, les cyclones et les images de glaciers fondant presque à vue d'oeil. 

Parmi les autres annonces de l'ONU, 68 pays se sont engagés à revoir officiellement à la hausse leurs plans climat d'ici 2020, date à laquelle les 195 signataires de l'accord de Paris sont censés déposer de nouveaux engagements. Et 30 pays adhèrent désormais à une alliance promettant de stopper la construction de centrales au charbon à partir de 2020.

500 millions de dollars pour les forêts tropicales

En parallèle de l'ouverture du sommet, un groupe de grands donateurs a décidé de débloquer environ 500 millions de dollars supplémentaires pour protéger les forêts tropicales, dont l'Amazonie. Parmi eux, la Banque mondiale, la Banque interaméricaine, et l'ONG Conservation International. La somme s'ajoute aux contributions existantes de l'Allemagne et la Norvège.

Ces annonces devaient être faites pendant la réunion sur l'Amazonie, en présence de plusieurs chefs d'Etat dont le Français Emmanuel Macron, à l'initiative de la réunion, et les présidents du Chili, de la Colombie et de la Bolivie, mais pas du Brésil.

Face aux critiques du Brésil accusant la France de remettre en cause sa souveraineté, l'Elysée a répété qu'il s'agir "d'une initiative inclusive" et que "ces programmes seront lancés quelle que soit la position brésilienne". Arrivé à la réunion sur l'Amazonie, Emmanuel Macron a souligné avec ironie l'absence de Jair Bolsonaro, déclarant "on va parler de l'éléphant dans la salle, ou plutôt de celui qui n'y est pas".

Trois programmes devaient être annoncés. La Banque mondiale compte mettre en place un programme "Pro Green" avec l'Allemagne et la France pour financer des projets sur le terrain et la Banque interaméricaine de développement financera des actions dans les grands Etats amazoniens.

Des pays pollueurs absents, un sommet "tremplin"

Si 66 pays ont souscrit à l'objectif d'une neutralité carbone, moins de la moitié des 136 chefs d'Etats et de gouvernements participent au sommet pour le climat, alors qu'ils seront présents à l'Assemblée générale de l'ONU qui commence mardi.

Parmi les grands absents, on compte plusieurs pays pourtant cruciaux dans la lutte contre le réchauffement climatique, comme les Etats-Unis, le Brésil ou l'Australie. Donald Trump sera présent à l'ONU mais s'exprimera à un événement sur la liberté de religion. "Je ne snobe rien du tout", a-t-il dit lundi matin. "Je suis très occupé".

Malgré l'importance de cette réunion, les promesses entre chefs d'Etats n'auront pas de valeur légale. Le sommet n'est qu'un "tremplin" vers la réunion COP26 de Glasgow fin 2020, quand les pays sont censés soumettre à l'ONU des engagements révisés à la hausse de lutte contre le changement climatique. A ce jour, seuls 59 des 195 signataires de l'accord de Paris de 2015 ont annoncé leur intention de le faire. Les Etats-Unis n'en font pas partie.

Julia Galan avec AFP