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Arafat: la thèse de l'empoisonnement écarté par les experts français

Yasser Arafat, leader palestinien, est mort en France en 2004.

Yasser Arafat, leader palestinien, est mort en France en 2004. - -

Le rapport français va à l'encontre des conclusions suisses et russes, qui avaient révélé la présence de quantités anormales de polonium-210 chez Yasser Arafat. Souha Arafat, sa veuve, s'est déclarée "bouleversée" par la nouvelle expertise.

Mort naturelle ou empoisonnement? Les experts mandatés par la justice française pour enquêter sur la mort de Yasser Arafat, décédé en 2004 près de Paris, écartent la thèse d'un empoisonnement du leader palestinien, a indiqué mardi à l'AFP une source proche du dossier.

"Ce rapport écarte la thèse de l'empoisonnement et va dans le sens d'une mort naturelle", selon cette source qui confirme une information de France Inter. Le parquet de Nanterre et Me Pierre-Olivier Sur, conseil de Souha Arafat, la veuve de l'ex-dirigeant palestinien, n'ont pas souhaité faire de commentaires dans l'immédiat.

Les proches d'Arafat sceptiques

Israël a jugé les conclusions prévisibles: "ceci n'est pas une surprise", a déclaré à l'AFP le porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères, Yigal Palmor. "

Le neveu de Yasser Arafat et un responsable palestinien proche du dossier ont exprimé mardi leur scepticisme sur le rapport. "Jusqu'à présent, je n'ai pas vu ce rapport. Mais toute information nouvelle sur la mort d'Arafat, en particulier venant de France, devrait être cohérente avec le rapport de l'hôpital en 2004", a déclaré à l'AFP le neveu, Nasser al-Qidwa, président de la Fondation Yasser Arafat.

Souha Arafat, s'est déclarée "bouleversée" par les nouveaux résultats de l'expertise. "Combien je suis bouleversée par ces contradictions (...) Que faut-il penser?", a-t-elle indiqué devant la presse, ajoutant qu'elle n'accusait "personne".

Du polonium sur les effets d'Arafat

Souha Arafat avait déposé en juillet 2012 une plainte contre X pour assassinat à Nanterre, dans les Hauts-de-Seine, après la découverte de polonium, une substance radioactive, sur des effets personnels de son mari.

Les juges d'instruction diligentés dans ce dossier avaient alors ordonné l'exhumation de la dépouille du dirigeant, ce qui fut fait en novembre 2012.

Une soixantaine d'échantillons avaient été répartis pour analyse entre trois équipes d'enquêteurs, suisses, français et russes, chacune effectuant son travail individuellement, sans contact avec les autres.

Des conclusions divergentes

Les trois groupes d'experts semblent parvenir aujourd'hui à des conclusions divergentes.

A l'inverse des Français, les Suisses ont indiqué début novembre qu'ils privilégiaient la thèse de l'empoisonnement après avoir mesuré des quantités de polonium-210 jusqu'à 20 fois supérieures à ce qu'ils ont l'habitude de mesurer. Ils n'ont toutefois pas affirmé catégoriquement que cette substance était la cause du décès. M'expertise russe est plus prudente, concluant à l'impossibilité de déterminer si le polonium est la cause de la mort.

Après la divulgation des rapports suisse et russe, un membre de la direction palestinienne, Wassel Abou Youssef, avait demandé la formation d'une "commission d'enquête internationale sur le meurtre du président Arafat". Israël a toujours rejeté toute implication dans la mort d'Arafat.

A.D. avec AFP