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Mort de Ruth Bader Ginsburg: Trump veut remplacer "sans délai" la juge de la Cour Suprême

Donald Trump lors d'un meeting à Bemidji dans le Minnesota le 19 septembre 2020.

Donald Trump lors d'un meeting à Bemidji dans le Minnesota le 19 septembre 2020. - Brendan Smialowski

Le président américain appelle les sénateurs à nommer rapidement un ou une remplaçante à Ruth Bader Ginsburg, décédée la nuit dernière à l'âge de 87 ans.

Le président américain Donald Trump s'est prononcé samedi pour un remplacement rapide de la juge à la Cour suprême Ruth Bader Ginsburg, icône décédée de la gauche américaine, un choix politique susceptible d'enflammer la fin de campagne présidentielle.

Nommer les magistrats du temple du Droit est "la décision la plus importante" pour laquelle un président est élu, a-t-il dit sur Twitter. "Nous avons cette obligation, sans délai"

Incertitude à 45 jours de la présidentielle

Il semble décidé à s'engager dans une désignation au pas de charge d'un nouveau juge qui ferait basculer le temple du droit américain dans le camp conservateur pour plusieurs décennies.

La juge "RBG", comme elle était surnommée, s'est éteinte vendredi des suites d'un cancer du pancréas à l'âge de 87 ans. Sa mort a suscité une vague d'émotion dans le pays et aussi une immense inquiétude dans le camp démocrate, doublée d'un tir de barrage politique.

A 45 jours de l'élection présidentielle, le candidat démocrate Joe Biden et l'ex-président Barack Obama ont immédiatement mis en garde Donald Trump.

"Les électeurs doivent choisir le président, et le président doit proposer un juge au Sénat", a dit Joe Biden. Barack Obama a appelé son successeur républicain à s'abstenir alors que "des bulletins de vote sont déjà déposés" pour le scrutin du 3 novembre, par anticipation ou par correspondance.

Un enjeu politique de taille

Les neuf juges de la Cour suprême sont nommés à vie, et Donald Trump a déjà procédé à deux nominations, celles des conservateurs Neil Gorsuch et Brett Kavanaugh. Son camp dispose actuellement de cinq juges.

L'enjeu est considérable puisque la Cour tranche les principales questions de société, comme l'avortement, le droit de porter des armes ou les droits des homosexuels, qui sont souvent aussi les lignes de fracture d'une société américaine plus divisée que jamais. La haute cour a aussi le dernier mot sur les litiges électoraux, comme lors de la présidentielle de 2000 finalement remportée par George W. Bush face à Al Gore.

Sur le papier, rien n'empêche en effet Donald Trump de nommer un nouveau juge. Il y est prêt et avait présenté début septembre une liste de 20 noms de personnalités qu'il pourrait présenter en cas de vacance à la Cour. Parmi eux, deux sénateurs ultra-conservateurs, Ted Cruz et Tom Cotton.

Majorité républicaine au Sénat

Le chef de la majorité au Sénat Mitch McConnell a prévenu dès vendredi soir qu'il était disposé à aller de l'avant dans le processus de nomination. Dans des circonstances comparables, il y a quatre ans, il avait pourtant bloqué la désignation d'un juge par Barack Obama.

Donald Trump aura de nouveau l'occasion de s'exprimer dans la journée de samedi. Il sera en campagne dans l'Etat très disputé de Caroline du Nord. Il y donnera en fin de journée un meeting devant ses supporteurs à qui il rappelle régulièrement que son objectif est de nommer le plus possible de juges conservateurs à tous les échelons de l'appareil judiciaire.

Il dispose d'une majorité républicaine de 53 contre 47 au Sénat, mais une poignée de sénateurs modérés pourraient faire défaut, notamment ceux confrontés à des réélections difficiles dans des Etats modérés. L'équation politique est donc complexe.

H.G. avec AFP