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Les Panama Papers mis en ligne, avec l'espoir de nouvelles révélations

Gerard Ryle, le directeur du Consortium international des journalistes d'investigation. (Photo d'illustration)

Gerard Ryle, le directeur du Consortium international des journalistes d'investigation. (Photo d'illustration) - JIM WATSON - AFP

Les Panama Papers, qui ont alimenté une cascade de révélations sur l'évasion fiscale, seront en partie accessibles au public à partir de ce lundi au nom de la "transparence" mais également dans l'espoir de débusquer de nouveaux scandales.

Après 18h GMT, chaque internaute pourra consulter une base de données fondée sur les millions de documents du cabinet panaméen Mossack Fonseca où figurent notamment le Premier ministre britannique David Cameron et son homologue islandais contraint à la démission, Sigmundur David Gunnlaugsson.

"C'est un cheminement naturel vers la transparence pour permettre à la société civile d'obtenir les informations de base sur les Panama Papers", explique dans un entretien à l'AFP Gerard Ryle, le directeur du Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ) qui a fait éclater le scandale. Sa base de données de quelque 200.000 sociétés-écrans et particuliers se présentera comme un registre et ne rendra que partiellement compte des quelque 11,5 millions de documents des Panama Papers qui n'ont, d'après l'ICIJ, pas encore livré tous leurs secrets. "Il y a tellement de documents. C'est impossible de savoir ce que vous ratez jusqu'à ce vous trouviez quelque chose", assure Gerard Ryle, qui estime qu'il faudra encore "plusieurs mois" avant de les explorer en intégralité.

Obtenir des "tuyaux"

Cette mise en ligne, que le cabinet Mossack Fonseca menace de contester en justice, répond d'ailleurs à un double objectif: faire oeuvre de transparence mais également lever de nouveaux lièvres. "Les gens vont trouver des noms importants que nous avons ratés. Ils pourront contacter l'ICIJ et nous transmettre des tuyaux", affirme Gerard Ryle, ancien journaliste d'investigation en Australie et en Irlande. Son organisation, basée à Washington, en a fait l'expérience après avoir mis en ligne des bases de données sur les précédents scandales des "Offshore Leaks" et des "LuxLeaks", sur les accords fiscaux secrets entre les multinationales et le Luxembourg. Plus de 500 "tuyaux" étaient alors parvenus à l'ICIJ, conduisant, pour certains, à de nouvelles révélations, affirme Gerard Ryle.

A.M avec AFP