BFMTV

Les néo-nazis à Washington, un an après les incidents meurtriers de Charlottesville

Photo d'illustration

Photo d'illustration - ALEX WROBLEWSKI / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

400 représentants de l'extrême droite américaine dans le square Lafayette, à Washington.

Plusieurs centaines de sympathisants néo-nazis sont attendus dimanche après-midi - heure locale américaine - devant la Maison Blanche, un rassemblement sous haute surveillance un an après les incidents meurtriers de Charlottesville, symbole d'une extrême droite décomplexée sous Donald Trump.

L'organisation informelle "Unite the Right", qui était à l'origine du rassemblement de Charlottesville (Virginie), a reçu l'autorisation de réunir 400 personnes dans le square Lafayette, devant la résidence présidentielle, à partir de 17h30 et durant deux heures seulement.

Confrontation

Un important dispositif policier a été mis en place, avec plusieurs artères interdites à la circulation, principalement pour empêcher tout contact entre manifestants et contre-manifestants, également attendus au square Lafayette.

En début d'après-midi, des militants antiracistes s'étaient déjà groupés dans le calme devant la Maison Blanche, brandissant notamment des pancartes disant "Non aux nazis, non au Ku Klux Klan, non à une Amérique fasciste".

Dans un message sur son site, Unite the Right a dit à ses partisans qu'il y aurait "certainement des provocateurs pour tenter de susciter une réaction de votre part". "Ne répondez pas avec colère", ont conseillé les organisateurs.

Refus de Charlottesville

Initiateur de la manifestation de l'an dernier, Jason Kessler avait demandé à défiler de nouveau à Charlottesville, mais la municipalité a refusé. La petite cité de Virginie, située à moins de 200 km au sud de Washington, ne voulait pas revivre les évènements du 12 août 2017.

Après une manifestation pour protester contre le projet de la municipalité de déboulonner une statue du général confédéré Robert E. Lee, des heurts avaient éclaté entre suprémacistes blancs et contre-manifestants. Un sympathisant néo-nazi avait alors foncé en voiture dans une foule de manifestants antiracistes, tuant une jeune femme de 32 ans, Heather Heyer, et faisant 19 blessés.

Double discours

Dans un entretien à la radio publique NPR diffusé vendredi, Jason Kessler a exprimé le souhait que l'événement de dimanche soit "apaisé" et pris publiquement ses distances avec la mouvance néo-nazie.

"Je ne veux pas de néo-nazis à mon rassemblement", a-t-il assuré, "ils ne sont pas les bienvenus." Il a néanmoins expliqué vouloir défendre les droits de la population blanche, qu'il estime "sous-représentée".

L'activiste a également repris à son compte la théorie générale de l'auteur américain Charles Murray, pour qui les capacités intellectuelles sont fonction de l'origine ethnique.

Une affichette non officielle du rassemblement, qui a circulé sur internet, indiquait que plusieurs figures de l'extrême droite et néo-nazies seraient présentes dimanche, mais Jason Kessler a refusé de le confirmer.

"Pas de place"

La fille du président, Ivanka Trump, a de son côté écrit sur Twitter qu'il n'y avait "pas de place pour le suprémacisme blanc, le racisme et le néo-nazisme dans notre grand pays".

Elle est ainsi allée plus loin que son père, qui avait dit samedi "condamner tous les types de racisme et actes de violence", mais sans désigner l'extrême droite ou les néo-nazis.

De nombreux observateurs reprochent à Donald Trump d'avoir favorisé, durant sa campagne et depuis sa victoire électorale, l'émergence d'un discours extrémiste pro-blanc décomplexé.

A Charlottesville, même si aucune manifestation n'a été autorisée, les autorités ont pris d'importantes mesures de sécurité, après avoir été débordées lors des heurts du 12 août 2017.

Le gouverneur de Virginie Ralph Northam a décrété l'état d'urgence et le quartier piéton du centre-ville de Charlottesville, où avaient eu lieu les incidents de l'an dernier, a été cerné de grillages, barrières en béton et voitures officielles, avec seulement deux points d'entrée pour les piétons.

L.N. avec AFP