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Les jihadistes américains moins enclins que les jihadistes européens à commettre un attentat au retour

Le bâtiment Elliott School de l'université George Washington.

Le bâtiment Elliott School de l'université George Washington. - Pjn1990 via Wikimedia Creative Commons

L'université américaine George Washington, située dans la capitale américaine, a publié ce lundi une étude comparant les profils et trajectoires des jihadistes américains et européens.

Moins nombreux que les jihadistes européens, moins susceptibles de commettre une attaque terroriste à leur retour aux Etats-Unis, l'université George Washington a publié lundi une étude sur les jihadistes américains en Irak et en Syrie. Ce document de 116 pages, multiplie les comparaisons avec l'Europe, et notamment la France, pour mieux cerner le phénomène aux Etats-Unis, où il est limité à quelques centaines de cas (300 ont tenté ou ont rejoint l'Irak ou la Syrie selon le FBI). Pour l'Europe, les estimations varient entre 5.000 et 6.000. Plus de 900 auraient voyagé depuis la France. 

A la racine du jihadisme américain, des groupes individuels

L'étude avance le système légal américain comme l'une des explications de ce nombre relativement faible: "voyager dans un pays étranger pour rejoindre une organisation terroriste étrangère identifiée a constitué une infraction pénale au niveau fédéral".

"Contrairement à l'Europe et ailleurs, le phénomène du recrutement des voyageurs aux Etats-Unis n'a pas été caractérisé par des réseaux à grande échelle ayant de profonds liens transnationaux avec des groupes jihadistes étrangers. Au contraire, il a été façonné et facilité par des groupes individuels orientés sur la parenté et l'amitié...", notent les auteurs. 

Les revenants 

Autre différence de taille avancée par l'étude, le retour des jihadistes dans leur pays, les revenants. "Jusqu'ici, tous les principaux attentats terroristes aux Etats-Unis depuis l'implantation de Daesh ont été perpétrés par des Américains qui n'ont pas voyagé, ou n'ont pas reçu de formation d'un groupe", écrivent les auteurs. Rappelant que de nombreuses attaques dans des pays comme la Belgique, la France ou le Royaume Uni, "ont été exécutées par des individus entraînés par le groupe".

S'appuyant sur un échantillon de 64 personnes identifiées comme jihadistes américains, les auteurs de l'étude évoquent 12 revenants de retour sur le sol américain. Si trois quart d'entre eux ont été arrêtés et inculpés, un seul a tenté, sans succès, de commettre une attaque aux Etats-Unis. Abdirahman Sheik Mohamud, de retour dans le pays après avoir combattu en Syrie et en Irak, avait été directement chargé par le groupe avec lequel il avait combattu de mener une attaque sur le sol américain. "Il a été arrêté dans les premières étapes de la planification de l'attaque" expliquent les trois auteurs.
R.V. avec AFP