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Leicester, Melbourne, Lisbonne... Ces zones reconfinées par peur d'une deuxième vague de Covid-19

Des pays observent un rebond du nombre de contaminés dans certaines de leurs villes et remettent en place des restrictions afin d'éviter un retour de l'épidémie de coronavirus.

La peur d'une deuxième vague. Alors que la quasi totalité des pays sont sortis du confinement en raison de la baisse du nombre de malades du coronavirus, des États ont pris la décision ces dernières semaines de confiner à nouveau certaines zones, où un rebond des cas de Covid-19 fait craindre le retour de l'épidémie.

Depuis son apparition, la pandémie de Covid-19 a fait plus de 511.000 morts dans le monde, selon les dernières données ce mercredi, et plus de 10.500.000 personnes ont été testées positives au coronavirus. Des chiffres qui continuent de grossir chaque jour.

> Leicester, Royaume-Uni

Au Royaume-Uni, le gouvernement a décidé le reconfinement de Leicester et de son agglomération lundi, soit plus de 600.000 habitants, en raison d'une flambée de cas dans cette ville du centre de l'Angleterre, la première à se voir imposer des restrictions locales.

"Malheureusement, tandis que les cas ont baissé dans une grande partie du pays depuis le pic, ils ont continué à augmenter à Leicester", a déclaré le ministre de la Santé, Matt Hancock, à la chambre des Communes. Cette ville de quelque 340.000 habitants dénombrait "environ 10% de tous les cas positifs du pays la semaine dernière", a-t-il ajouté.

La ville, qui se préparait comme le reste de l'Angleterre à rouvrir pubs, restaurants, cinémas et salons de coiffure samedi, a vu les magasins non essentiels fermer mardi, tandis que la plupart des écoles fermeront jeudi. Ces restrictions locales seront réévaluées dans deux semaines.

> Lisbonne, Portugal

Après trois mois et demi de fermeture de sa seule frontière terrestre, le Portugal reste un des pays d'Europe les plus épargnés par le Covid-19, avec 1576 morts et 42.141 cas confirmés. Mais il lutte tout de même contre des foyers d'infection et la contagion inquiète. Le pays a ainsi imposé mercredi le reconfinement à quelque 700.000 habitants des banlieues nord de Lisbonne, la capitale portuguaise.

L'Espagne voisine suit, elle, une cinquantaine de foyers à travers le pays, la plupart réduits à une poignée de personnes. Les deux pays ont toutefois rouvert solennellement mercredi leur frontière terrestre, fermée le 16 mars, quand le Portugal a décidé de se protéger de la pandémie de coronavirus qui progressait de façon galopante chez son voisin.

> Deux cantons de l'Ouest de l'Allemagne

L'Allemagne a annoncé lundi le déconfinement d'un des deux cantons de l'Ouest du pays, où des restrictions avaient été réintroduites après l'apparition d'un important foyer de contamination du nouveau coronavirus. Ce déconfinement local concerne environ 280.000 personnes.

"Nous ne prolongerons pas les mesures de confinement dans le canton de Warendorf. Elles arrivent à échéance le 30 juin", a annoncé le dirigeant de la Rhénanie du Nord-Westphalie, Armin Laschet, lors d'une conférence de presse à Düsseldorf, capitale de cette région densément peuplée.

En revanche, le canton voisin de Gütersloh, où vivent quelque 360.000 personnes, également placé sous cloche la semaine dernière, restera en confinement une semaine supplémentaire, soit jusqu'au 7 juillet, "par précaution", a-t-il ajouté.

> Melbourne, Australie

A compter de ce mercredi minuit (heure locale), plus de 300.000 habitants de la banlieue Nord de Melbourne vont être reconfinés pendant un mois, explique l'agence de presse Reuters. Cette décision intervient après deux semaines d'aggravation de l'épidémie de Covid-19 dans cette zone: 73 personnes ont été testées positives mardi dans l'Etat de Victoria, où se trouve Melbourne, la deuxième plus grande ville du pays.

L'Australie a été relativement épargnée par la pandémie de Covid-19, avec 104 morts et moins de 8000 cas, selon le décompte de l'université américaine Johns Hopkins.

> Chennai, Inde

L'Inde subit depuis plusieurs semaines une flambée des cas de coronavirus, alors qu'elle lève progressivement un confinement strict qui a duré plusieurs mois. Le 17 juin dernier, le bilan humain de l'épidémie de coronavirus en Inde s'était alourdi de 2000 morts en un jour. Le bilan total dans le pays s'élève à plus de 17.000 morts, selon les derniers chiffres.

Face à la virulence de la crise sanitaire, le Tamil Nadu, l'un des États les plus meurtris avec Delhi et le Maharashtra, avait ordonné le reconfinement de l'agglomération de sa capitale régionale Chennai, une ville d'une quinzaine de millions d'habitants, pendant la deuxième quinzaine de juin. Seuls les commerces essentiels pouvaient ouvrir, comme les magasins d'alimentation ou les stations-essence, mais uniquement entre 6h et 14h. Les habitants n'ont le droit de se déplacer que dans un rayon de deux kilomètres autour de leur domicile, sauf urgence médicale.

> Pékin, Chine

Mi-juin, la Chine a annoncé la mise en confinement de plusieurs quartiers de la ville de Pékin, après l'apparition d'un nouveau foyer de coronavirus dans un marché. Pékin a exhorté ensuite ses 21 millions d'habitants à éviter les voyages "non essentiels" en dehors de la ville et ordonné une nouvelle fermeture des écoles après un rebond des cas de Covid-19 dans la capitale chinoise.

Les deux aéroports de la ville avaient également annulé plus d'un millier de vols. Auparavant, Pékin n'avait plus découvert aucune contamination depuis deux mois et la vie avait repris un cours quasi-normal.

Salomé Vincendon
Salomé Vincendon avec AFP Journaliste BFMTV