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Le suspect des attentats de Bombay condamné à mort en Inde

La justice indienne a condamné à la peine de mort un Pakistanais reconnu coupable d'avoir participé à une série d'attaques perpétrées par un commando islamiste à Bombay en novembre 2008. Mohammad Ajmal Kasab, 22 ans, était le seul survivant d'un groupe de

La justice indienne a condamné à la peine de mort un Pakistanais reconnu coupable d'avoir participé à une série d'attaques perpétrées par un commando islamiste à Bombay en novembre 2008. Mohammad Ajmal Kasab, 22 ans, était le seul survivant d'un groupe de - -

BOMBAY - La justice indienne a condamné à la peine de mort un Pakistanais reconnu coupable d'avoir participé à une série d'attaques perpétrées par...

par Rina Chandran

BOMBAY (Reuters) - La justice indienne a condamné jeudi à la peine de mort un Pakistanais reconnu coupable d'avoir participé à une série d'attaques perpétrées par un commando islamiste à Bombay en novembre 2008.

La peine capitale en Inde, où elle est rarement prononcée, a lieu par pendaison et doit être confirmée par une instance judiciaire supérieure.

Mohammad Ajmal Kasab, 22 ans, est le seul survivant d'un groupe de dix hommes armés qui ont mené des attaques notamment contre deux hôtels de luxe de Bombay, contre la gare centrale de la ville et dans un centre confessionnel juif, tuant 166 personnes.

Lundi, un tribunal de Bombay l'avait reconnu coupable de 80 chefs d'inculpation dont ceux de meurtres et de guerre contre l'Inde. Il avait été filmé, fusil d'assaut AK-47 en mains, dans la gare centrale où une cinquantaine de personnes ont péri.

"On ne peut que prononcer la peine de mort face à des faits de cette gravité. Ce tribunal n'a pas d'autre solution", a déclaré le juge M.L. Tahilyani qui présidait le tribunal spécial installé dans la prison de haute sécurité où était détenu Kasab.

"Il sera pendu jusqu'à ce que mort s'ensuive", a-t-il dit.

A la lecture du jugement, Kasab est resté tête baissée, s'essuyant par instants les yeux et posant ses mains sur ses oreilles. Il avait auparavant refusé de s'exprimer lorsque le juge lui avait offert de prendre la parole.

VINGT AUTRES "COUPABLES"

Les attaques de Bombay, imputées au groupe islamiste Lashkar-e-Taiba, avaient provoqué un regain de tension entre l'Inde et le Pakistan, puissances nucléaires qui se sont livré trois guerres depuis leur accession à l'indépendance en 1947. Leurs chefs de gouvernement se sont engagés la semaine dernière à normaliser les relations bilatérales.

Interrogé par la télévision indienne pour savoir si ce jugement pouvait entraver une reprise du dialogue, le ministre pakistanais des Affaires étrangères, Shah Mehmood Qureshi, a répondu: "Nous avons des questions bien plus importantes à étudier". "Chacun doit respecter les procédures judiciaires de l'autre", a-t-il ajouté.

Le Pakistan a toujours nié avoir joué un rôle dans ces attaques et poursuit de son côté sept suspects en justice.

"Nous devrons assurément continuer à discuter avec le Pakistan à la lumière de cette condamnation à mort", a dit le ministre indien des Affaires étrangères, S.M. Krishna.

"Plusieurs autres, impliqués comme co-conspirateurs, devront également être extradés", a-t-il ajouté.

Lors de ce procès, vingt autres ressortissants pakistanais, dont le fondateur du Lashkar-e-Taiba, Hafiz Mohammad Saeed, ont été reconnus coupables pour leur participation aux attentats. Un porte-parole du LeT a nié toute implication de son chef.

Kasab a la possibilité de faire appel de la condamnation et d'introduire un recours en grâce auprès du président indien, procédure qui peut prendre des années. La dernière exécution capitale en Inde remonte à 2004.

Son avocat, K.P. Kawar, a dit ne pas avoir eu la possibilité de s'entretenir avec lui de la suite de leurs démarches.

Avec Bappa Majumdar à New Delhi, Pierre Sérisier et Grégory Blachier pour le service français, édité par Gilles Trequesser