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La Belgique particulièrement touchée par l'islam radical

Deux jihadistes sont morts jeudi lors d'une opération de police près de Liège.

Deux jihadistes sont morts jeudi lors d'une opération de police près de Liège. - Jonas Roosens - Belga AFP

Une opération de police en Belgique a visé jeudi un groupe terroriste qui était sur le point de commettre des attentats d’envergure, selon les autorités. Depuis quelques années, la Belgique est particulièrement touchée par l’islamisme radical.

Une semaine après les attentats qui ont touché la France, la Belgique a opéré jeudi un vaste coup de filet anti-terroriste. Près de Liège, la police belge annonce avoir mené une importante opération contre un groupe de personnes revenant de Syrie et qui s’apprêtaient à commettre "de manière imminente" des attentats. Deux jihadistes ont été tués dans l'opération.

Huit mois après l’attentat du musée juif de Bruxelles, la Belgique continue d’être en proie avec l’islam radical. 

La Belgique plus touchée que la France

Le pays serait même davantage touché que la France par la radicalisation. "La Belgique aurait entre 400 et 600 de ses résidents impliqués dans le jihad Syrien", note Claude Moniquet spécialiste du terrorisme sur BFMTV. C’est moins qu’en France où environ un millier de personnes feraient partie d’une filière jihadiste. Mais "la France a 66 millions d’habitants, détaille Claude Moniquet. La Belgique 10 millions d’habitants (…). Il devrait y avoir à l’échelle deux à trois fois moins de volontaire pour le jihad en Syrie en Belgique. C’est la preuve qu’il y a un vrai problème ici".

Des régions de Belgique sont particulièrement touchées par ce phénomène, c’est le cas de certains quartiers et banlieues de Bruxelles. Des experts pointent notamment du doigt l'exclusion sociale, les difficultés économiques qui poussent des jeunes à se réfugier dans la religion. 

Mais comme en France, la radicalisation touche une population large. Ces islamistes radicaux sont "soit des enfants qui sont issus de l’immigration mais qui sont de nationalité belge", explique Claude Moniquet, soit des convertis, entre 30 et 40%, convertis souvent après des périodes un peu difficiles, prison ou drogue."

Un phénomène ancien

Le phénomène n'est pas nouveau selon Roger Marion, ancien chef de la lutte anti-terroriste. La "Belgique est un point de fixation", indique-t-il sur BFMTV. "Dans la série d'attentats qui a endeuillé la France en 1995, il y avait déjà un noyau en Belgique. Il y avait des liaisons entre les divers foyers de plusieurs pays européens".

Après les attentats de Paris, le Premier ministre belge a décidé de doper l’arsenal législatif antiterroriste. Un nouveau plan était déjà en cours d'application "mais les attentats de Paris sont un coup d’accélérateur", indique l’entourage de Charles Michel. Pour lutter contre la radicalisation, le gouvernement va notamment se pencher sur le phénomène de radicalisation dans les établissements pénitentiaires.

Carole Blanchard