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Intempéries au Japon: 158 morts, le Premier ministre attendu

Une route effondrée sous l'effet des pluies diluviennes, le 10 juillet 2018 à Kurashiki, dans le sud du Japon

Une route effondrée sous l'effet des pluies diluviennes, le 10 juillet 2018 à Kurashiki, dans le sud du Japon - Martin Bureau-AFP

Le bilan des intempéries au Japon est passé à 158 morts. Des dizaines de personnes sont toujours disparues. C'est la plus grave catastrophe naturelle dans le pays depuis plus de trente ans.

Le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, doit se rendre ce mercredi dans la région sinistrée de l'ouest du Japon où ont péri au moins 158 personnes piégées par les inondations et glissements de terrain provoqués par des pluies diluviennes.

Shinzo Abe, qui a annulé une tournée dans quatre pays (dont la Belgique et la France), a quitté Tokyo en début de matinée pour visiter la province d'Okayama, une des plus touchées avec celle de Hiroshima.

75.000 policiers, pompiers et soldats mobilisés

Outre les 158 morts recensés, les autorités disent être sans nouvelles de 30 autres habitants, les médias parlant de plus de 50 ou 60 disparus. Il s'agit de la plus grave catastrophe liée à un phénomène météorologique dans l'archipel depuis 1982.

Des milliers de sinistrés sont hébergés dans des refuges des autorités. Quelque 75.000 policiers, pompiers, soldats des Forces d'autodéfense (appellation de l'armée japonaise, ndlr) et garde-côtes ont été dépêchés au secours aux victimes.

Les recherches et travaux de nettoyage se poursuivent désormais sous une chaleur étouffante, avec une température de 35°C prévue à l'ombre "et ce temps ensoleillé devrait durer une semaine au moins", a précisé le porte-parole du gouvernement. "Une grande vigilance" s'impose face au risque d'insolation et de coup de chaleur, ainsi qu'en raison des possibles nouveaux glissements de terrain, a-t-il insisté.

L'envoi de produits de première nécessité

Les précipitations inédites enregistrées en l'espace de trois jours ont entraîné de terribles inondations, des coulées de boue et d'autres dégâts majeurs qui ont piégé de nombreux habitants. Dans le quartier de Mabi, les pompiers envoyés ont contrôlé une à une 2000 maisons envahies pas les eaux. Elles ont toutes déjà été une fois inspectées par les militaires mais ils veulent être "absolument sûrs" que ne s'y trouvent pas des survivants ou des corps.

Camions de pompiers et autres véhicules de secours ont rejoint cette partie de Kurashiki, la plus touchée. Les traces de boue laissées sur les pans de murs montrent que l'eau est montée jusqu'au premier étage des maisons. Les vivres ne sont plus distribués correctement et des dizaines de supérettes d'habitude ouvertes 24H/24 ont été totalement saccagées par les eaux.

Partout, les services de secours essaient de pallier. "Nous luttons pour acheminer des biens, de l'eau et des produits de première nécessité dans des zones isolées. Nous les envoyons par les routes maritimes et aériennes. Mais il faudra beaucoup de temps pour voir les zones touchées se rétablir. Nous sommes également préoccupés par l'état des survivants alors que la température augmente rapidement. Nous installons des climatiseurs portatifs dans les refuges", a indiqué un fonctionnaire de la préfecture d'Ehime.

Des risques d'éboulements

"Nous proposons également des bains chauds et distribuons de l'eau. Nous savons que c'est un combat contre le temps et nous faisons tous les efforts possibles", a aussi expliqué un responsable du gouvernement préfectoral d'Okayama.

Dans les zones où les bâtisses sont à flanc de montagne, les éboulements ont entraîné avec eux des maisons totalement détruites au passage et la boue a recouvert des quartiers entiers. Les risques d'éboulements restent importants, compte tenu de la fragilité des sols gorgés d'eau, préviennent les autorités.

Un nouvel ordre d'évacuation a été émis dans une bourgade de Hiroshima en raison d'un risque de débordement d'un étang, ont expliqué les autorités locales. Vingt-cinq foyers sont concernés.

C.H.A. avec AFP