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Pour Poutine, les Pussy Riot sont comme "L'innocence des musulmans"

"Nous avons des lignes rouges au-delà desquelles commence la destruction des fondements moraux de notre société", a expliqué Vladimir Poutine.

"Nous avons des lignes rouges au-delà desquelles commence la destruction des fondements moraux de notre société", a expliqué Vladimir Poutine. - -

Vladimir Poutine a justifié la condamnation des deux jeunes activistes en les accusant de saper les principes moraux de la société, au même titre que le réalisateur du film islamophobe.

Condamnées à deux ans d’emprisonnement dans un camp en Russie pour "hooliganisme" et "incitation à la haine religieuse", les Pussy Riot ont bien mérité leur peine, estime jeudi Vladimir Poutine.

Si leur sanction a été si sévère, c’est, pour le président russe, parce qu’elles s’en sont pris aux principes moraux de la société. Pis : elles ne vaudraient pas mieux que l’auteur du film "L’innocence des musulmans", ce film absurde qui avait provoqué la colère de la communauté musulmane en septembre dernier.

La "ligne rouge"

Lors d’une discussion avec des journalistes et des universitaires étrangers dans la résidence du président, Vladimir Poutine expliquait à ses invités comment améliorer le climat des affaires et réduire la dépendance énergétique du pays en hydrocarbures. C’est là qu’il a été interrogé sur les Pussy Riot.

Le Monde a rapporté sa réponse, dans laquelle explique que les jeunes activistes et l’auteur du film islamophobe ont franchi la même "igne rouge" : "Vous voulez soutenir des personnes ayant de telles opinions ? Si c'est le cas, alors pourquoi ne soutenez-vous pas le type qui croupit en prison pour le film sur les musulmans ? Nous avons des lignes rouges au-delà desquelles commence la destruction des fondements moraux de notre société. Si les gens franchissent cette ligne, ils doivent en répondre devant la loi."

Les deux Pussy Riot condamnées sont arrivées le 24 octobre dans leur camp. Nadejda Tolokonnikova est dans le camp numéro 14, en Mordovie (500 km de Moscou), réputé pour ses conditions de vie particulièrement difficiles. La troisième jeune fille, Ekaterina Samoutsevitch a été libérée le 10 octobre, sa peine de prison commuée en sursis.

Olivier Laffargue