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Catalogne: l'Espagne lance un mandat d'arrêt européen contre Carles Puigdemont

Carles Puigdemont à Barcelone le 27 octobre 2017.

Carles Puigdemont à Barcelone le 27 octobre 2017. - LLUIS GENE / AFP

La justice espagnole a lancé un mandat d'arrêt européen contre Carles Puigdemont pour "rébellion, sédition, détournement de fonds publics et désobéissance à l'autorité".

L'Espagne a lancé un mandat d'arrêt européen vendredi contre Carles Puigdemont, le président catalan destitué qui s'est exilé à Bruxelles cette semaine avant sa comparution en justice pour répondre de son rôle dans le projet indépendantiste en Catalogne. La juge madrilène chargée d'instruire le procès de la marche de la Catalogne vers la déclaration d'indépendance du 27 octobre a émis un mandat pour "rébellion, sédition, détournement de fonds publics et désobéissance à l'autorité".

Un mandat d'arrêt européen, national et international

Dans son ordonnance, publiée par le tribunal, la juge rejette la demande formulée par les avocats de Carles Puigdemont et ses ministres de déposer par vidéo-conférence devant les autorités belges, expliquant qu'ils ne remplissent pas les conditions fixées par la loi. De plus "ils ne donnent même pas un domicile en Belgique pour réaliser une vidéo-conférence", souligne la juge.

Le mandat d'arrêt européen a été envoyé au parquet fédéral belge, puisque les cinq fugitifs "semblent s'y trouver", a expliqué le tribunal. Mais la juge a en même temps lancé un mandat d'arrêt national et international, adressé à la police nationale, la Garde civile et Interpol.

La justice belge va "étudier" le mandat d'arrêt européen

Le parquet fédéral belge a confirmé la réception du mandat d'arrêt, qu'il allait "étudier". Il vise Carles Puigdemont et quatre de ses "ministres" repliés en Belgique alors qu'ils devaient être entendus par la magistrate jeudi avec 13 autres membres de l'ancien exécutif catalan et six membres du bureau du parlement régional. 

Selon la procédure, le chef catalan et ses proches doivent ensuite recevoir une convocation devant le juge belge, qui doit être honorée sous 24 heures, qui lui signifiera les poursuites lancées par l'Espagne et lui permettra de prendre connaissance de ses droits.

Puigdemont est "disposé à être candidat" aux élections du 21 décembre

Depuis Bruxelles, où il se trouve depuis vendredi, Carles Puigdemont s'est par ailleurs dit "disposé à être candidat" aux élections du 21 décembre en Espagne, même s'il doit faire campagne à l'étranger.

Carles Puigdemont peut soit accepter le mandat d'arrêt, et être alors très vite remis aux autorités espagnoles. Soit il refuse, ce qui semble ici le scénario le plus probable. Dans ce cas, le mandat est contesté devant la Chambre du conseil. Le pays dans lequel une personne est réclamée doit renvoyer celle-ci dans le pays émetteur du Mandat d'arrêt européen dans un délai maximal de 60 jours.

A.K. et R.V. avec AFP