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Brexit: la semaine de toutes les tractations

Quatre jours après le résultat du référendum sur le Brexit, qui a provoqué une onde de choc aux Royaume-Uni et dans toute l'Union européenne, une semaine cruciale de tractations s'ouvrent, aussi bien à Londres qu'à Bruxelles, pour envisager l'avenir de la relation avec les Britanniques.

La semaine de toutes les négociations s'ouvrent ce lundi, de Londres à Bruxelles, en passant par Berlin. Quatre jours après le choc du résultat du référendum sur le Brexit, le Royaume-Uni se retrouve en pleine tempête, avec la poussée indépendantiste de l'Ecosse, et des partis politiques qui s'entre-déchirent. 

Cameron va sortir de son silence

Le Premier ministre David Cameron, qui a annoncé sa démission prochaine dans la foulée des résultats, vendredi, doit réunir son Conseil des ministres ce lundi matin, et le Parlement britannique s'apprête à siéger à nouveau, quatre jours après le séisme politique. Après plus de 72 heures de silence, les premiers mots de David Cameron, seront scrutés de près alors que son parti conservateur est plus que jamais en proie aux divisions et que le pays ne sait pas s'il doit se réjouir ou pleurer de sa rupture avec l'UE.

"Et maintenant?", titrait le Sunday Times dimanche, résumant l'atmosphère de malaise dans laquelle est plongé le Royaume-Uni depuis le référendum qui a exacerbé les divisions identitaires et politiques, et dopé les ambitions sécessionnistes des nationalistes écossais.

L'Ecosse veut un nouveau référendum d'indépendance

"Le Royaume-Uni pour lequel l'Ecosse a voté pour rester en 2014 n'existe plus", a souligné sur BBC la Première ministre de l'Ecosse, Nicola Sturgeon, qui souhaite un nouveau référendum d'indépendance après celui du 18 septembre 2014. 

Brexit oblige, "le contexte et les circonstances ont complètement changé", a-t-elle insisté en soulignant que les Ecossais avaient, eux, nettement voté (62%) pour rester dans le giron européen. Samedi, elle a dit vouloir "discuter immédiatement" avec Bruxelles, dans le but de "protéger" la place du pays "dans l'Union européenne."

L'UE veut presser le divorce

Lle Royaume-Uni doit également gérer les demandes pressantes des dirigeants et responsables de l'Union européenne d'accélérer un divorce que David Cameron aimerait laisser à son successeur.

Mais alors que Martin Schulz, le président du Parlement européen, a exhorté dimanche le Premier ministre britannique à entamer la procédure de sortie de l'UE dès mardi à Bruxelles, où démarre un sommet des chefs d'Etat et de gouvernements européen de deux jours, une source officielle européenne a affirmé que ce ne serait pas le cas.

"Nous nous attendons à ce que Cameron présente les résultats du référendum (...) nous ne nous attendons pas, à ce stade, à ce que Cameron déclenche l'article 50", la clause du traité de Lisbonne qui enclenchera officiellement la sortie du Royaume-Uni de l'UE, a déclaré cette source.

Consultations à Berlin

La chancelière allemande Angela Merkel reçoit quant à elle le président français François Hollande et le chef du gouvernement italien Matteo Renzi à Berlin, ce lundi. Samedi, les ministres des Affaires étrangères des six pays fondateurs de l'UE avaient pressé Londres de démarrer le processus de sortie "dès que possible".

François Hollande a estimé dimanche que la France et l'Allemagne devaient "prendre l'initiative", à la veille de sa réunion à Berlin. L'Allemagne et la France sont en "accord complet sur la manière de traiter la situation", a assuré l'entourage de François Hollande. 

John Kerry à Londres ce lundi

Selon l'article 50 qui n'a jamais été utilisé jusqu'ici, pour engager son retrait, le Royaume-Uni doit notifier au Conseil européen composé des chefs d'Etat et de gouvernement, son intention de quitter l'Union.

C'est dans ce contexte délicat que le secrétaire d'Etat américain John Kerry se rendra lundi à Londres. Il a dit que les Etats-Unis auraient souhaité voir le Royaume-Uni "prendre une autre direction", dimanche à Rome.

Adrienne Sigel, avec AFP