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Pacte sur la migration: comprendre la crise gouvernementale en Belgique

Le Premier ministre belge Charles Michel, lors d'une conférence de presse ce dimanche 9 décembre 2018

Le Premier ministre belge Charles Michel, lors d'une conférence de presse ce dimanche 9 décembre 2018 - Dirk Waem -Belga - AFP

En confirmant qu'il se rendait ce lundi à Marrakech pour approuver le Pacte des Nations unies sur les migrations - ce qu'il a fait - le Premier ministre belge a reçu la démission des ministres nationalistes flamands de sa coalition gouvernementale.

Le Premier ministre belge Charles Michel a pris ce dimanche la tête d'un gouvernement minoritaire, après la démission des ministres nationalistes flamands de la coalition gouvernementale, en raison d'une divergence profonde sur la politique migratoire du pays, qui s'est cristallisée ces dernières semaines autour du Pacte de l'ONU sur les migrations.

  • C'est quoi ce pacte?

Ce pacte a été approuvé formellement ce lundi à Marrakech devant quelque 150 pays membres de l'ONU, mais doit encore faire l'objet d'un ultime vote de ratification, la semaine prochaine à New York.

Ce texte non contraignant, et qui a subi une importante campagne de désinformation d'après les Nations unies, recense des principes et des droits déjà existants (défense des droits de l'Homme, des enfants). Il formule également 23 objectifs pour aider les pays à faire face aux migrations, en facilitant l'information, l'intégration des migrants, l'échange d'expertises.

Il a été mondialement critiqué par des nationalistes et des partisans de la fermeture des frontières, comme en France par le Rassemblement national et Les Républicains.

  • Et en Belgique?

Ce principe avait initialement fait l'objet d'un consensus gouvernemental en Belgique, avant que l'Alliance néoflamande (N-VA) ne change d'avis à la fin du mois d'octobre, maquant le point de départ de plusieurs semaines de difficultés.

Une crise qui s'est soldée ce samedi soir par un ultimatum à Charles Michel, le président de la N-VA Bart De Wever laissant entendre que son parti s'en irait si le chef du gouvernement s'envolait pour Marrakech dimanche afin d'approuver le Pacte de l'ONU sur les migrations. Il souhaitait ainsi voir la Belgique sortir de ce texte, comme l'ont déjà fait huit pays depuis le début du processus comme l'Autriche ou l'Australie.

"Je prends (...) acte ce soir que la N-VA quitte la majorité", lui a alors répondu Charles Michel, répétant sa ferme intention de représenter la Belgique au Maroc comme "chef de gouvernement". Ce qu'il a effectivement fait ce lundi.
  • Et maintenant?

Avec le départ de la N-VA, c'est un poids lourd de la coalition belge qui s'en va, laissant le libéral Charles Michel à la tête d'un gouvernement de centre droit sans majorité au Parlement. Une situation qu'il "regrette", tout en affirmant mettre en place une "coalition responsable".

La difficulté, en l'absence de majorité, sera pour les ministres restants de pouvoir continuer à travailler de manière constructive jusqu'aux élections législatives qui doivent se tenir en mai prochain. Sans "dialogue avec le parlement", la Belgique devra passer par des élections anticipées. Avec le risque de se retrouver une fois de plus sans gouvernement pendant quelques mois, un scénario que le pays n'a que trop connu depuis les dix dernières années.

Jérémy Maccaud avec AFP