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Royaume-Uni: le député travailliste Lindsay Hoyle élu "speaker" de la Chambre des communes   

Le nouveau speaker de la Chambre des communes.

Le nouveau speaker de la Chambre des communes. - PRU / AFP

Le travailliste Lindsay Hoyle a été élu, ce lundi, au poste de président ("speaker") de la Chambre des communes, pour succéder au truculent John Bercow, qui était en poste depuis 10 ans.

Les députés britanniques ont élu ce lundi le travailliste Lindsay Hoyle au poste de président ("speaker") de la Chambre des communes, pour succéder au truculent John Bercow, qui était en poste depuis 10 ans. Sept candidats, trois hommes et quatre femmes, étaient en lice pour lui succéder. 

Donné favori, le député de 62 ans a été élu au quatrième tour avec 325 voix sur 540. Il aura notamment la délicate tâche de conduire les débats sur le Brexit, devant un Parlement dont la physionomie va être définie par les élections du 12 décembre.

Premier adjoint de John Bercow depuis 2010, Lindsay Hoyle a ainsi déjà occupé le rôle de chef d'orchestre à la chambre basse du Parlement britannique. Avec son fort accent du nord-ouest, il n'a pas hésité pas à rabrouer les députés bruyants ou à sermonner les nationalistes écossais quand ces derniers chantonnaient en 2017 l'hymne européen en pleine séance parlementaire.

Il a été désigné au quatrième tour de vote à bulletin secret avec 325 voix, contre 213 à son dernier concurrent Chris Bryant, travailliste lui aussi. Entraîné par deux de ses soutiens jusqu'à son fauteuil de cuir vert qui surplombe les bancs de la Chambre des communes, conformément à l'une des traditions parfois surprenantes du Parlement britannique, Lindsay Hoyle a promis qu'il serait "neutre" et "transparent". Tenu à une obligation d'impartialité, le "speaker" doit quitter son parti.

Il a immédiatement été félicité par le Premier ministre conservateur Boris Johnson, qui a salué sa "gentillesse" et sa "raison", et par le leader de l'opposition, le travailliste Jeremy Corbyn.

Perroquet, tortue et rottweiler 

Prenant le contrepied de son prédécesseur, Lindsay Hoyle, député depuis 1997, a affirmé dimanche qu'il voyait le "speaker" comme un simple arbitre et fait valoir que "les gens ne veulent pas se souvenir de l'arbitre, ils veulent se souvenir du match". Dans une interview au Sunday Times, il a confié vouloir apaiser l'atmosphère souvent électrique de la Chambre des communes, en particulier lors des débats sur la sortie du Royaume-Uni de l'UE.

Originaire du Lancashire (nord-ouest de l'Angleterre), Lindsay Hoyle a défendu lundi l'égalité du droit à la parole des députés et s'est posé en défenseur de leur sécurité, de celle de leurs équipes et de leurs familles, dans un contexte de tensions dans le pays, où nombre d'élus ont été menacés.

Le Parlement qui l'a élu, si souvent paralysé faute de majorité nette, pourrait changer de physionomie: il va être dissous mercredi, en vue des élections anticipées le 12 décembre, déclenchées pour tenter de sortir le Brexit de l'impasse. Reportée à trois reprise, la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne est désormais prévue au 31 janvier 2020.

Chez lui, le nouveau "speaker" est à la tête d'une petite ménagerie qui porte les prénoms de personnalités politiques britanniques. A son perroquet Boris, clin d'oeil au Premier ministre conservateur, il a déjà appris à vociférer des "Ordeeer!" ("De l'ordre!"). Sa tortue "à la carapace dure" s'appelle Maggie et son rottweiler Gordon, comme les ex-Premiers ministres Thatcher et Brown.

Bercow, plus jeune titulaire, lors de sa première élection en juin 2009

L'élection d'un "speaker" a lieu après chaque élection législative ou après la démission ou le départ à la retraite du précédent. Avec le départ de John Bercow, petit homme à la voix de stentor et aux répliques souvent acerbes, une page se tourne à la Chambre des communes.

Cet amateur de cravates criardes, de 56 ans, issus des rangs conservateurs, avait fixé la date de son départ au 31 octobre, jour où le Royaume-Uni était censé quitter l'Union européenne.

Plus jeune titulaire, lors de sa première élection en juin 2009, de cette prestigieuse fonction, John Bercow s'est employé à la dépoussiérer, abandonnant certains éléments de la tenue traditionnelle comme la perruque. En juin 2017, il a même permis aux députés de siéger sans cravate.

C.Bo. avec AFP