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Le dernier adieu du Royaume-Uni à Margaret Thatcher

Margaret Thatcher

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Les funérailles de Margaret Thatcher, la célèbre "Iron Lady", se sont déroulées mercredi en la cathédrale Saint-Paul de Londres. Des obsèques imposantes et controversées, à l'image de ce monstre de la politique, qui a marqué durablement la vie britannique des années 80 et 90.

Des funérailles imposantes pour une femme qui aura marqué à jamais l'Angleterre. Les obsèques de Margaret Thatcher se sont déroulées ce mercredi à Londres. La reine Elizabeth II siégeait au premier rang des 2.300 invités triés sur le volet, dans l'imposant édifice religieux.

L'ensemble du gouvernement autour du conservateur David Cameron, tous les ex-Premiers ministres britanniques (dont le travailliste Tony Blair qui revendique une partie de son héritage) avaient pris place dans la nef.

Au total, 170 pays avaient dépêché des représentants de plus ou moins haut rang, reflétant les usages protocolaires mais aussi les appréciations diverses de l'héritage thatchérien. Ainsi, l'Argentine et la Russie ont boycotté la cérémonie.

Margaret Thatcher avait tout régenté: hymnes méthodistes de son enfance et extraits de compositeurs anglais qui attestent de son patriotisme jusque dans ses goûts musicaux.

"C'est l'hommage qui convient pour un grand Premier ministre, respecté à travers le monde", avait déclaré dans la matinée le chef du gouvernement conservateur, David Cameron, visiblement sur la défensive.

Une procession sans incident

Nombre d'opposants n'en ont pas moins exprimé mercredi leur colère contre le coût social de la révolution libérale thatchérienne, ou leur opposition à son modèle de société, à l'instar de nombreux jeunes sur les réseaux sociaux.

Scotland Yard, qui avait déployé 4.000 policiers pour parer à toute éventualité, a fait savoir que la contestation serait tolérée, "pourvu qu'elle s'exerce dignement". À part les cris d'opposants, dans la foule de dizaines de milliers de sympathisants et de badauds massés derrière des barrières métalliques, la procession s'est déroulée sans incident.

Le carillon de Big Ben avait été réduit au silence, en signe de respect. Mais 19 coups de canon et une cloche unique, à St Paul, ont rythmé l'approche. Ici où là ont fusé des insultes. "Brûle en enfer", a notamment crié une femme. Un homme brandissait une pancarte "Plus de 10 millions de livres pour les funérailles d'une conservatrice". Quelques opposants ont aussi ostensiblement tourné le dos, à l'appel d'une consigne sur Facebook. Mais la plupart applaudissaient.

Les détracteurs dénonçaient en vrac l'ampleur et la récupération politique des obsèques ou leur coût pour les contribuables soumis à l'austérité. L'épouse du président de la chambre des communes, Sally Bercow, a reproché une "tentative de canonisation".

"Encore plus importante morte que vivante"

Les obsèques de Margaret Thatcher ont beau officiellement ne pas être des funérailles nationales, le coût de cette imposante cérémonie fait grincer les dents des détracteurs de la "Dame de fer" qui n'apprécient guère de voir les contribuables payer pour celle qui pourfendait l'Etat-providence.

La note devrait atteindre quelque 10 millions de livres (11,6 millions d'euros), selon les estimations faites par la presse. Le ministre chargé de leur organisation, Francis Maude, a assuré que le coût serait "bien, bien inférieur", sans toutefois en dire plus. Les comptes officiels ne seront publiés qu'après les funérailles.

Au-delà de ces polémiques, reste la question de l'héritage "idéologique" de la Dame de fer. Le politologue Tony Travers est de ceux qui estiment que l'héritage politique lui survivra longtemps. "Elle est tout simplement trop puissante, trop importante. Plus encore morte que vivante", a-t-il confié.


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Emmanuel Bringuier avec AFP