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GPA au Royaume-Uni: une mère porte l'enfant de son propre fils

Institut de fécondation in vitro, en Espagne. (Illustration)

Institut de fécondation in vitro, en Espagne. (Illustration) - Instituto Bernabeu - flickr CC

Une Britannique a, par amour filial, accepté d'être la mère porteuse de l'enfant de son fils. Un juge pourrait permettre à ce père d'adopter seul l'enfant, même si la loi anglaise réfute ce droit aux célibataires.

Rien ne distingue Miles, huit mois, d'un autre bambin britannique de son âge. A ceci près, mais il l'apprendra plus tard car son père ne veut "rien lui cacher", qu'il est à la fois le fils de sa grand-mère et le frère de son père. Mais reprenons au début cette histoire rapportée par le Daily Mail.

Tout commence avec le désir de Kyle Casson, employé de supermarché britannique homosexuel et célibataire, d'avoir un enfant. Ne se résolvant pas à l'adoption et sachant que la loi refuse la GPA pour les parents isolés, le jeune homme de 27 ans s'est tourné vers la solution de la gestation pour autrui (GPA) qui est autorisée depuis 1985 en Grande-Bretagne. Et pour mener à bien ce projet de paternité, Kyle s'est tourné vers sa propre mère, Anne-Marie qui a accédé à la demande de son fils.

" J'ai un fils et je suis très heureux"

Cette femme de 45 ans a donc porté l'œuf d'une donneuse anonyme fécondé in vitro par le sperme de son fils. Cette gestation ne va pas sans poser quelques problèmes éthiques. Kyle affirme de son côté: "Je comprends que tout le monde ne sera pas d'accord, et chacun a le droit d'avoir son opinion. En ce qui me concerne, j'ai un fils et je suis très heureux". Puis de justifier: "Tant que quelqu'un peut fournir un toit et en a les moyens, je ne vois pas pourquoi on lui dénierait le droit d'être parent." Sur sa qualité de célibataire, le jeune homme monte aussi au créneau et dénonce une "discrimination".

Anne-Marie affirme avec la même force de conviction qu'elle ne voit pas "pourquoi [son] fis n'aurait pas le droit d'être père alors qu'il peut procurer à l'enfant un foyer et de l'amour". Reste qu'a la clinique de Sheffield où le petit est né en juillet dernier, la quadragénaire a préféré un accouchement par césarienne. "Je ne voulais pas pousser cet enfant dehors, car je sentais qu'il n'était pas le mien", témoigne-t-elle.

Une possible adoption en tant que "frère" de l'enfant

Mais de qui Miles est-il vraiment le fils? Légalement, il est celui d'Anne-Marie et du mari de celle-ci qui a consenti à ce que soit pratiquée une GPA, la loi britannique l'obligeant à être partie prenante de ce processus. Kyle de son côté n'est que le frère de son "fils". Ce dernier confie ne jamais avoir considéré Miles comme son frère. Mais c'est pourtant par ce biais qu'il pourrait obtenir le droit d'adopter de manière pleine et entière l'enfant.

Un juge a décidé la semaine dernière que cette adoption entre frères ne contrevenait nullement à la loi. Cette décision a été saluée par les travailleurs sociaux et les associations, mais d'autres voix appellent à une réforme urgente de la loi sur la fertilité.