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Crash de l'A320: veillée et bougies au lycée d'Haltern, en Allemagne

De nombreux élèves et parents du lycée Joseph König, à Haltern, en Allemagne, se sont recueillis jusque tard dans la nuit, mardi.

De nombreux élèves et parents du lycée Joseph König, à Haltern, en Allemagne, se sont recueillis jusque tard dans la nuit, mardi. - Sascha Schuermann - AFP

Après le choc de l'annonce du crash de l'A320 effectuant la liaison Barcelone-Dusseldorf, dans les Alpes-de-Haute-Provence, l'heure était à l'émotion mardi soir, au lycée Joseph König d'Haltern, dans l'Ouest de l'Allemagne, dont venaient 18 des victimes, dont 16 adolescents.

A Haltern, la peine des proches des victimes du crash est immense. Tard dans la nuit, mardi, une centaine de parents et élèves du lycée Joseph König, à Haltern am See, dans l'ouest de l'Allemagne, se sont recueillis en silence devant l'établissement. Sur les marches du lycée, des dizaines de bougies ont été déposées, en hommage aux 16 lycéens et deux enseignants disparus mardi dans le crash de l'A320 de la compagnie Germanwings, dans les Alpes-de-Haute-Provence.

"Un gros choc"

Sur une table de ping-pong recouverte de chandelles et de roses, une grosse bougie porte les prénoms de quelques-unes des victimes, âgées d'une quinzaine d'années, et de leurs deux professeurs: Elena, Fabio, Gina, Kristin, Lea... Ce recueillement a commencé mardi après-midi, après l'annonce du drame, dès que l'établissement a autorisé les adolescents à rentrer chez eux.

Les seize adolescents et leurs professeurs rentraient d'un voyage scolaire à Barcelone. "C'est tellement violent, je ne peux pas le croire. Un de mes professeurs était à bord, elle avait 29 ans. Je ne les reverrai jamais, alors que je les voyais tous les jours", explique un élève, encore sous le choc. "C'est un gros choc parce que je connaissais certains des élèves et des professeurs. Nous avons organisé l'allumage des bougies sur Internet", poursuit un de ses camarades. "Peut-être qu'il n'y aura pas de cours mercredi mais une messe".

"Notre amour pour les parents qui ont perdu un enfant"

"Nous sommes venus pour montrer tout notre amour pour les parents qui ont perdu leurs enfants. Je connaissais particulièrement bien ce programme d'échange scolaire, mon fils y a participé il y a quelques années, je me sens donc particulièrement concernée", explique Angelika, 57 ans, professeur dans un autre lycée.

Sous le choc, des élèves se soutiennent, face aux bougies allumées sur les marches de leur lycée.
Sous le choc, des élèves se soutiennent, face aux bougies allumées sur les marches de leur lycée. © Sascha Schuermann - AFP

Soutien psychologique

Une chapelle ardente a été installée dans l'une des églises de cette petite ville de 38.000 habitants, où tout le monde se connaît. De leur côté, des équipes municipales se chargent d'assurer un soutien psychologique à ceux qui en ont besoin. "Nous sommes là pour prendre en charge les premiers chocs. Nous essayons d'être là, de regarder les gens qui sont tristes. Nous essayons de leur dire qu'ils ne sont pas abandonnés", explique Ingo Janzen, l'un des membres de ces équipes, vêtu d'un gilet fluo aisément reconnaissable.

"On ne peut pas parler dans un tel moment. La première étape, c'est de revenir à la réalité et d'accepter que ce qui s'est passé est vrai. Beaucoup n'ont pas encore saisi ce qui est arrivé, et le chagrin viendra plus tard. C'est une réaction normale, face à une nouvelle aussi terrifiante", ajoute-t-il.

"C'est le jour le plus noir de l'histoire de notre ville", a estimé le maire d'Haltern, Bodo Klimpel, très ému. "C'est le pire que l'on puisse s'imaginer", a-t-il ajouté au cours d'une conférence de presse donnée à la mairie. "La ville est en "état de choc". Ce mercredi, une cérémonie, fermée à la presse, doit se tenir au lycée Joseph König.

Adrienne Sigel, avec AFP