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Etats-Unis: le fondateur d'une thérapie de conversion sexuelle s'excuse pour "le mal causé"

(Photo d'illustration)

(Photo d'illustration) - Gregor Fischer-AFP

Le fondateur américain d’une thérapie de conversion vers l’hétérosexualité a récemment présenté ses excuses pour le tort causé aux personnes LGBTQ+ après avoir reconnu publiquement son homosexualité.

"J’ai eu tort! Je regrette tout le mal que j’ai pu faire." Après avoir passé 20 années à inciter des personnes LGBTQ+ à se tourner vers l’hétérosexualité, l’américain McKrae Game a fait son mea culpa et a reconnu publiquement son homosexualité.

"J’ai dit à des gens qu’ils iraient en enfer s’ils n’arrêtaient pas" d’être homosexuels ou transgenres, confesse-t-il sur sa page Facebook.

En 1999, ce résident de l'Etat de Caroline du Sud a fondé l’organisation religieuse Hope for wholeness et son programme pour "convertir" les personnes LGBTQ+. "Dieu prévoit que les relations sexuelles ne peuvent avoir lieu qu’entre un homme et une femme", peut-on lire sur le site de la fondation, qui décrit l’homosexualité comme une "addiction".

"Notre slogan est nocif"

"Je sais qu’en créant Hope for wholeness j’ai causé beaucoup de torts. Notre slogan ("Se libérer de l’homosexualité grâce à Jésus-Christ", ndlr) est nocif", poursuit McKrae Game.

"J'étais un fanatique religieux qui a fait du mal à de nombreuses personnes. Des gens m'ont dit qu'ils avaient tenté de se suicider à cause de ce que je leur ai dit", a-t-il déclaré au quotidien américain Post and courier, qui rapporte l’histoire.

McKrae Game raconte au journal avoir toujours ressenti une attirance pour les personnes du même sexe, adolescent il a même vécu une histoire d’amour avec un homme. Mais il a refoulé ses sentiments et son attirance sexuelle, persuadé qu’ils n'étaient pas compatibles avec sa foi. Quelques années plus tard, convaincu que son homosexualité disparaîtrait, il épouse une femme, rencontrée à l’église, avec qui il a deux enfants.

700.000 participants en 2018

Cet été, McKrae Game a finalement reconnu publiquement son homosexualité. Licencié depuis deux ans de Hope for wholeness, il dénonce désormais le fonctionnement de ces thérapies de conversion auxquelles 700.000 LGBTQ+ ont participé en 2018, selon une étude menée par l’Université de Los Angeles.

Comme McKrae Game, d’autres leaders se sont désolidarisés de ces prêches. En 2014, neuf d’entre eux ont publié une lettre ouverte dans laquelle ils appellent à l’interdiction de ces thérapies et cursus au niveau national. Seuls 18 Etats américains ont officialisé ce bannissement à l’égard des mineurs.

"En tant qu’anciens leader des thérapies de conversion, nous avons observé le mal fait à ceux qui ont essayé de modifier leur orientation sexuelle. Il est bien plus utile de soutenir les personnes LGBTQ+ afin qu’elles s’acceptent telles qu’elles sont", écrivent-ils dans leur lettre. "La culture de la honte doit s’arrêter", conclut Mckrae Game sur Facebook.

Une loi pour interdire ces thérapies en France?

En France, les thérapies de conversion sexuelle se développent, portées notamment par une augmentation de 15% des actes LGBTphobes sur l'année 2018 par rapport à 2017, observe l'association SOS homophobie.

Face à l'essor de ces stages qu'elle juge "indignes", Laurence Vanceunebrock-Mialon, députée LaREM, a récemment lancé une mission d'information parlementaire qui doit "permettre de récolter les témoignages, qui serviront de complément et de matière à la proposition de loi sur l’interdiction des 'thérapies de conversion'", rapporte-t-elle à 20 Minutes. Le Parlement européen s'est déjà prononcé en ce sens, en mars 2018, mais par le biais d'un texte non contraignant.

Ambre Lepoivre