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Espagne: la fresque saccagée de Jésus inspire un opéra

La fresque Ecce Homo, avant et après sa restauration en 2012

La fresque Ecce Homo, avant et après sa restauration en 2012 - CENTRO DE ESTUDIOS BORJANOS / AFP

Elle était devenue la risée des internautes pour avoir tenté de restaurer une fresque de Jésus. Aujourd'hui, Cecilia Gimenez, une Espagnole de 85 ans, devient l'héroïne d'un opéra présenté en avant-première ce samedi dans son village.

Tout était parti d'une bonne intention. En cette journée d'août 2012 dans le petit village de Borja en Espagne, Cecilia Gimenez, une octogénaire, se sent habitée d'un esprit artiste. Sa victime: une fresque de Jésus, datant de 1930, abritée par l'église du village.

Si le style de l'octogénaire laisse perplexe les villageois de Borja, la restauration devient vite célèbre auprès des internautes. La fresque intitulée Ecce Homo, est somme toute saccagée.

De risée à héroïne

Mais aujourd'hui, Cecilia Gimenez, 85 printemps, prend sa revanche sur la vie. En plus d'être devenue riche et célèbre, la risée des internautes est maintenant l'héroïne d'un opéra composé par deux américains, Andrew Flack et Paul Fowler. Intitulée Behold The Man, l'oeuvre sera présentée en avant-première ce samedi à Borja, la restauratrice en herbe siégera au premier rang, invitée par les compositeurs.

Afin d'écrire l'opéra, les deux américains se sont rendus plusieurs fois dans le petit village espagnol pour rencontrer la vieille dame, qui selon eux a dû "entreprendre une thérapie" pour s'en sortir.

L'enfer est pavé de bonnes intentions

L'oeuvre initiale était "une fresque dans son église qui lui était chère et à laquelle personne ne prêtait attention", résume Andrew Flack.

"Elle a seulement essayé d'aider" en tentant de restaurer l'oeuvre déjà abîmée, fait-il valoir. "Quand l'affaire est devenu virale et qu'on se moquait d'elle, elle s'est sentie très mal. Mais maintenant, elle a l'impression que cela relève du miracle!", continue le créateur de l'opéra.

Des retombées économiques

Non seulement cet élan artistique permet au petit village d'avoir son propre opéra, mais cette histoire a aussi dopé le tourisme de Borja. Des hordes de curieux se pressent désormais dans le village de 5.000 habitants, presque 170.000 en tout depuis août 2012.

Se moquer a un prix: 2 euros pour contempler le chef d'oeuvre. Les amateurs d'oeuvre d'art peuvent aussi se procurer un tee-shirt ou un mug de la fresque mutilée.

M.H. avec AFP