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Élection présidentielle algérienne: des troubles en Kabylie et une importante manifestation à Alger

Les forces de sécurité algériennes entourent des manifestants qui organisent une manifestation anti-gouvernementale à Alger le jour de l'élection présidentielle. RYAD KRAMDI / AFP

Les forces de sécurité algériennes entourent des manifestants qui organisent une manifestation anti-gouvernementale à Alger le jour de l'élection présidentielle. RYAD KRAMDI / AFP - -

Alors que les algériens étaient invités à se rendre aux urnes ce jeudi, des dizaines de milliers de personnes sont descendues dans les rues d'Alger pour protester contre la tenue de cette l'élection présidentielle.

Une dizaine de milliers de personnes manifestent ce jeudi en début d'après-midi à Alger contre l'élection en cours pour élire un successeur au président déchu Abdelaziz Bouteflika, emporté en avril par un mouvement populaire de contestation, ont constaté des journalistes de l'AFP.

"Le peuple veut son indépendance!"

Dans l'après-midi, des dizaines de milliers de personnes sont parvenus à se rassembler dans le centre d'Alger pour dénoncer l'élection en cours, vue comme une manoeuvre de survie du régime, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Toute la matinée, la police, déployée en force au coeur de la capitale, était systématiquement et brutalement intervenue pour tenter d'empêcher un tel rassemblement, comme elle l'a fait avec succès à Oran, la deuxième ville du pays.

À Alger, les manifestants sont en revanche parvenus à faire nombre, jusqu'à briser un cordon de police leur barrant l'accès au carrefour de la Grande Poste, lieu symbolique de rassemblement du "Hirak", "mouvement" de contestation inédit qui ébranle l'Algérie depuis février.

"Le peuple veut son indépendance!", "makache l'vote" (pas de vote!), a scandé la foule. Le cortège s'est séparé en fin d'après-midi, avant que la police n'intervienne pour disperser à coups de matraques la centaine de protestataires restants, selon une journaliste de l'AFP.

Situation contrastée dans les bureaux de vote

Le vote a dû être brièvement suspendu dans un centre électoral proche après l'intrusion de manifestants. D'autres marches ont été recensées à travers l'Algérie. La participation est l'enjeu majeur de l'élection: le "Hirak" a appelé au boycott alors que le pouvoir assure depuis des semaines que la participation sera "massive".

À 15 heures (14 heures GMT), le taux de participation a atteint 20,43%, selon le président de l'Autorité nationale indépendante des élections (Anie) Mohamed Charfi. Un chiffre inférieur à celui enregistré à 14 heures locales (23,25%) lors de la présidentielle de 2014. Cette année-là, seuls 50,7% des inscrits s'étaient déplacés.

Mohamed Charfi s'est aussi félicité du "bon déroulement" de l'élection dans "95% des centres de vote", qui doivent fermer à 19 heures (18 heures GMT). Mais aucun chiffre ne devrait être disponible immédiatement.

Le vote a néanmoins été arrêté, selon l'Anie, à Bejaïa, Tizi-Ouzou et Bouira (à l'est et au sud-est d'Alger), principales localités de la région frondeuse de Kabylie à majorité berbérophone. À Béjaïa, un centre de vote a notamment été saccagé. À Tizi-Ouzou, les gendarmes ont usé de grenades lacrymogènes pour empêcher des manifestants d'entrer dans le siège de la wilaya (préfecture) et à Bouira, une antenne locale de l'Anie a été incendiée.

Dans les bureaux de vote d'Alger, la situation semblait contrastée: à Bab el-Oued, une centaine d'électeurs, dont de nombreux jeunes, se sont pressés dès l'ouverture et contre toute attente au principal centre de vote de ce quartier populaire, selon une journaliste de l'AFP

S. M. avec AFP