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Covid-19: le Conseil européen, un cluster en devenir?

Emmanuel Macron était présent lors d'un Conseil européen les 10 et 11 décembre à Bruxelles.

Emmanuel Macron était présent lors d'un Conseil européen les 10 et 11 décembre à Bruxelles. - Olivier Matthys / POOL

Emmanuel Macron, testé positif au Covid-19 jeudi matin, pourrait avoir été contaminé lors d'un Conseil européen, organisé les 10 et 11 décembre à Bruxelles.

Jeudi matin, l'Élysée a annoncé qu'Emmanuel Macron a été testé positif au Covid-19, après avoir ressenti des symptômes la nuit précédente. Vendredi, c'est le Premier ministre slovaque Igor Matovic qui a annoncé, à son tour, avoir contracté le coronavirus. Le point commun entre les deux hommes politiques? Ils ont assisté la semaine dernière, les 10 et 11 décembre, à un Conseil européen.

Sommet à Bruxelles

Malgré un agenda chargé ces derniers jours, c'est à Bruxelles, où se sont réunis les chefs d'État ou de gouvernement des pays de l'Union européenne, que le président français "aurait été contaminé", a affirmé à l'AFP une source proche de l'exécutif. Une hypothèse partagée par le ministre de la Santé.

"Le chef de l’État n’a manifestement pas été contaminé au cours d’un déjeuner ou d’un dîner à l’Élysée, mais possiblement lors d’un Conseil européen, il y a quatre ou cinq jours à Bruxelles avec des chefs d’États", a ainsi déclaré Olivier Véran, jeudi soir, sur France 5.

Le délai d'incubation de la maladie, c'est-à-dire la période entre la contamination et l'apparition des premiers symptômes, est de 3 à 5 jours en général, rappelle le gouvernement sur son site internet. Ce qui rend d'autant plus plausible l'hypothèse d'une contamination d'Emmanuel Macron lors de son déplacement à Bruxelles.

Des négociations pendant 20 heures non-stop

Le Conseil européen est-il un cluster qui s'ignore? La question se pose. Sur les 27 membres de l'Union européenne, 25 étaient présents. Andrej Plenkovic et Jüri Ratas, respectivement Premiers ministres de la Croatie et de l'Estonie, étant en effet à l'isolement.

Les dirigeants européens ont passé vingt heures non-stop ensemble, dont une nuit de négociation, au sein d'une salle du bâtiment Europa, le siège de l'instance européenne. Un "dîner de travail" a également été organisé dans cette salle, a indiqué Olivier Véran, soulignant toutefois qu'il s'agit d'une "grande pièce espacée".

Sur les photographies diffusées par l'AFP, les chefs d'État ou de gouvernement semblent espacés d'au moins un mètre quand ils sont assis et portent un masque, notamment quand ils se parlent de manière rapprochée. Sauf sur certains clichés. Emmanuel Macron peut ainsi être aperçu non-masqué en train de s'étirer, "après une nuit de négociations" note la légende de l'AFP. De même que la chancelière allemande Angela Merkel et le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki.

Emmanuel Macron lors du Conseil européen des 10 et 11 décembre.
Emmanuel Macron lors du Conseil européen des 10 et 11 décembre. © Olivier HOSLET / POOL
Angela Merkel lors du Conseil européen des 10 et 11 décembre.
Angela Merkel lors du Conseil européen des 10 et 11 décembre. © Olivier HOSLET / POOL

Au moment de la minute de silence observée en hommage à Valéry Giscard d'Estaing, seulement 5 des 25 personnes présentes autour de la table principale portent par ailleurs un masque, comme en atteste une vidéo publiée par la représentation permanente de la France auprès de l'Union européenne.

Des dirigeants européens s'isolent

Plusieurs dirigeants européens se sont mis à l'isolement après l'annonce du diagnostic d'Emmanuel Macron, comme le président du Conseil européen Charles Michel, les Premiers ministres de la Belgique et du Portugal, Alexander De Croo et Antonio Costa, et le chef du gouvernement espagnol Pedro Sanchez. Xavier Bettel, le Premier ministre du Luxembourg, s'était isolé jeudi mais a annoncé ce vendredi avoir été testé négatif au coronavirus.

Dans une vidéo diffusée ce vendredi soir, Emmanuel Macron a assuré aller "bien" mais n'a pas précisé où il pense avoir été contaminé, soulignant seulement qu'il s'agissait "sans doute" d'un "moment de négligence", un "moment de 'pas de chance'".

Clément Boutin Journaliste BFMTV