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Coronavirus: le Brésil franchit le cap des 60.000 morts

Une équipe médicale traitant un patient atteint du Covid-19 l'hôpital de fortune Anhembi à Sao Paulo (Brésil).

Une équipe médicale traitant un patient atteint du Covid-19 l'hôpital de fortune Anhembi à Sao Paulo (Brésil). - Miguel Schincariol

Le pays, qui a enregistré la semaine dernière un nombre record de nouvelles contaminations, est le plus touché par le coronavirus derrière les États-Unis.

Le Brésil a franchi mercredi le cap des 60.000 morts du coronavirus, après avoir enregistré 1.038 décès supplémentaires en 24 heures, a annoncé le ministère de la Santé au sujet d'une pandémie encore loin d'être contrôlée.

Le Brésil, pays au monde où le Covid-19 fait le plus de morts chaque jour depuis près d'une semaine, déplore au total 60.632 décès, selon les données du ministère, considérées comme largement sous-évaluées par la communauté scientifique car ce pays pratique peu de tests.

Très préoccupant également: le chiffre des nouvelles contaminations annoncé mercredi est l'un des plus élevés jamais enregistrés avec 46.712 cas supplémentaires en 24 heures, signe que la pandémie flambe dans le plus grand pays d'Amérique latine.

1,44 million de cas recensés dans le pays

Les Etats de Sao Paulo et de Rio de Janeiro sont les plus affectés, avec respectivement 15.030 et 10.198 décès pour près de 290.000 et 116.000 contaminations. Ces deux Etats ont pourtant ordonné la reprise des activités économiques et commerciales après un confinement de plus de trois mois.

En termes de décès et de contaminations --1,44 million de cas-- le Brésil, avec ses 212 millions d'habitants, est le pays le plus touché par le coronavirus derrière les Etats-Unis. Toutefois, il déplore 284 morts par million d'habitants, loin derrière les Etats-Unis (385) ou l'Italie (575). Mais cette moyenne cache de grandes disparités régionales: ainsi l'Etat de Rio de Janeiro enregistre 584 morts par million d'habitants et celui du Ceara (Nord-est) 673 --des taux comparables à ceux des pays touchés de plein fouet.

Le Brésil, qui a recensé son premier mort du Covid-19 le 16 mars, a enregistré la semaine dernière un nombre record de nouvelles contaminations (plus de 259.000). Et 7.005 personnes sont mortes de cette maladie la semaine dernière, juste derrière le record de 7.285 décès enregistrés la semaine précédente.

Pour les scientifiques, le Brésil n'est pas frappé par une seule pandémie, mais par une série de pandémies.

"Il y a plusieurs Brésil. Dans certains endroits la pandémie recule, dans d'autres elle progresse", a déclaré le professeur Roberto Medonho, directeur de la division de recherche de l'Hôpital Universitaire Clementino Fraga Filho, de l'université fédérale de Rio de Janeiro.

Ce scientifique a jugé "précoces et inopportunes", les mesures de début de levée du confinement d'Etats comme ceux de Sao Paulo et de Rio de Janeiro.

A Rio, les restaurants, bars et salles de sports sont censés rouvrir jeudi et le championnat de football a repris dès la mi-juin, suscitant de nombreuses critiques. A Sao Paulo, capitale économique du Brésil, les commerces ont rouvert. 

La population est lasse d'un confinement qui dure depuis plus de trois mois et la distanciation physique se relâche: le taux de contamination par chaque personne infectée est remonté à 1,51. "Ce chiffre va encore augmenter avec les réouvertures", a prédit Roberto Medonho.

Une récession historique à prévoir

Aucune politique nationale n'a été mise en oeuvre au Brésil depuis l'apparition du premier cas fin février. Les gouverneurs des différents Etats ont agi en ordre dispersé, tout en étant souvent la cible de la vindicte du président Jair Bolsonaro. Ce dernier a minimisé la crise et s'est montré farouchement hostile au confinement au nom de la sauvegarde de la première économie d'Amérique latine. Mais devant l'avancée de la pandémie, certains Etats, notamment dans le sud du Brésil, réinstaurent la quarantaine.

Avec 7,8 millions d'emplois déjà perdus, l'économie brésilienne est d'ores et déjà promise à une contraction historique de près de 10% de son Produit intérieur brut, selon le Fonds monétaire international.

H.G. avec AFP