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Corée du Nord: Washington détaille ses attentes avant le sommet Trump-Kim

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un et le président des Etats-Unis Donald Trump, le 12 juin 2018 à Singapour

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un et le président des Etats-Unis Donald Trump, le 12 juin 2018 à Singapour - SAUL LOEB, AFP/Archives

Prévu fin février, ce sommet intervient après une première rencontre, historique, entre Donald Trump et Kim Jong Un le 12 juin dernier. A son approche, Washington a détaillé ses attentes: un "inventaire exhaustif" de l'arsenal de la Corée du Nord et une "feuille de route" en vue de son désarmement nucléaire.

Washington a détaillé, jeudi, ses attentes avant le nouveau sommet, prévu fin février, entre Donald Trump et Kim Jong Un. Les Etats-Unis demandent notamment un "inventaire exhaustif" de l'arsenal de la Corée du Nord et une "feuille de route" en vue de son désarmement nucléaire.

En échange, ils se disent prêts, à terme, à signer la fin de la guerre, rétablir des relations diplomatiques et favoriser le développement économique du pays étranglé par les sanctions internationales.

Lors de leur premier sommet, historique, du 12 juin à Singapour, les deux dirigeants ont évoqué la dénucléarisation de la Corée du Nord mais, depuis, les négociations se sont enlisées. Ce nouveau tête-à-tête doit donc permettre de réaliser des progrès concrets, nécessaires pour ne pas se retrouver, comme en 2017, au bord d'une guerre atomique.

"Lucide" sur les chances de succès

A environ un mois de l'échéance, le représentant spécial des Etats-Unis pour la Corée du Nord, Stephen Biegun, a assuré que Washington restait "lucide" sur les chances de succès. Cette déclaration intervient alors que des divergences sont apparues au grand jour entre l'optimisme affiché par Donald Trump et le scepticisme de ses agences de renseignement.

"Nous devons préparer un plan B si le processus diplomatique échoue, et nous le faisons", a affirmé l'émissaire lors d'un discours à l'université californienne de Stanford.

S'il a reconnu que le chemin à parcourir était plus long que celui qui a été parcouru depuis un an, il a préféré se concentrer sur l'objectif des Américains: la "dénucléarisation définitive et entièrement vérifiée" du régime reclus.

"Démanteler et détruire"

Selon Stephen Biegun, Kim Jong Un s'est engagé, en octobre, auprès du chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo, à "démanteler et détruire" l'ensemble des installations d'enrichissement de plutonium et d'uranium de la Corée du Nord, et non seulement le complexe de Yongbyon, le plus connu.

Mais le numéro un de Pyongyang a fait cette promesse à la condition d'obtenir des "mesures correspondantes" de la part des Etats-Unis.

"De quoi s'agit-il exactement, je compte en discuter avec mon homologue nord-coréen lors de nos prochaines réunions", a dit le représentant spécial, qui se rend à partir de dimanche dans la région pour rencontrer un émissaire sud-coréen puis poursuivre les tractations avec les négociateurs de la Corée du Nord.

Le représentant spécial des Etats-Unis pour la Corée du Nord Stephen Biegun à Séoul le 21 décembre 2018.
Le représentant spécial des Etats-Unis pour la Corée du Nord Stephen Biegun à Séoul le 21 décembre 2018. © Jung Yeon-je, AFP

Washington n'arrivera pas les mains vides

"Le président Trump est prêt à mettre fin à cette guerre. C'est fini. Nous n'allons pas envahir la Corée du Nord. Nous n'avons pas l'intention de renverser le régime", a martelé le diplomate, laissant entendre qu'une déclaration de paix était sur la table.

Il a en revanche assuré que le retrait des soldats américains déployés en Corée du Sud n'était pas une option envisagée. Les Nord-Coréens ont fait savoir qu'ils étaient davantage intéressés par une levée des sanctions, que les Etats-Unis n'envisagent qu'en toute fin de processus.

"Nous ne lèverons les sanctions que lorsque la dénucléarisation sera terminée", mais "nous n'avons pas dit: 'nous ne ferons rien tant que vous n'aurez pas tout fait'", a expliqué Stephen Biegun, laissant entendre qu'une marge de négociation était possible.

Définition stricte de la dénucléarisation

Les Américains, eux, restent fermes sur leurs attentes, réitérant notamment une demande qui semblait être passée au second plan, celle d'un "inventaire exhaustif" de l'arsenal nord-coréen, préalable à "l'accès d'experts" pour des "inspections des sites-clés, conformément aux standards internationaux".

In fine, ils exigent "l'élimination ou la destruction des stocks de matériaux fissiles, d'armes, de missiles, de lanceurs et d'autres armes de destruction massive", a ajouté le négociateur, confirmant une définition très stricte de la dénucléarisation.

Pour cela, le prochain sommet doit permettre d'établir "une feuille de route de négociations", avec des "progrès significatifs et vérifiables sur la dénucléarisation", "des actes courageux et réels".

Le président américain a promis de dévoiler au "début de la semaine prochaine" la date précise du sommet et la ville asiatique qui l'accueillera.

Clémentine Piriou avec AFP