BFMTV

"C'était une erreur": un village espagnol s'excuse après avoir désinfecté ses plages à l'eau de javel

Une plage de Palma, en Espagne (photo d'illustration).

Une plage de Palma, en Espagne (photo d'illustration). - JAIME REINA / AFP

Alors que l’Espagne assouplit peu à peu ses mesures de confinement, le petit village de Zahara de los Atunes a voulu protéger ses habitants en désinfectant les plages… à l’eau de javel. Les autorités ont présenté leurs excuses pour cette "erreur".

Après six semaines de confinement, l’Espagne, fortement touchée par la pandémie de Covid-19, commence peu à peu à assouplir ses mesures restrictives. Au sud du pays, dans le village balnéaire de Zahara de los Atunes, les autorités locales préparent le retour à la vie normale des habitants en s’occupant notamment de la désinfection de ses plages d’une manière qui en a consterné plus d'un.

"Totalement absurde"

Des tracteurs, équipés de pulvérisateurs, ont en effet été déployés sur le littoral pour y vaporiser de l’eau de javel, rapporte The Guardian.

"C’est totalement absurde, s’offusque María Dolores Iglesias Benítez, présidente d’une association chargée de la protection de la zone, repère de nombreux oiseaux migrateurs. La plage est un écosystème. Si vous y versez de la javel, vous tuez tout."

Cette bénévole s’était réjouie que la plage soit interdite à l’Homme durant le confinement, espérant ainsi que les oiseaux viennent nombreux établir leurs nids en pleine période de reproduction. Mais la désinfection du littoral lui fait finalement craindre le pire:

"J’ai peur que les tracteurs aient détruit tous les oeufs", explique-t-elle au quotidien.

"C'était une erreur"

Face à ce qu’elle considère comme un geste absurde, la branche espagnole de l’organisation de protection de l’environnement Greenpeace, a tweeté:

"Non, ce n’est pas une idée de Trump. Ca se passe à Zahara de los Atunes."

La semaine dernière, le président américain avait en effet émis l’idée de traiter les malades du Covid-19 avec des injections de désinfectant

Face au tollé suscité par l’initiative espagnole, Augustin Conejo, un officier municipal, a reconnu auprès de Canal Sur que "c’était une erreur" nourrie cependant des "meilleures intentions" pour "protéger les enfants" avant qu’ils ne retournent sur la plage.

Ambre Lepoivre