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Birmanie: des plongeurs affirment avoir découvert une cloche légendaire

Les chercheurs fouillent les eaux boueuses du fleuve en s'orientant grâce... aux esprits saints qui protègeraient la cloche.

Les chercheurs fouillent les eaux boueuses du fleuve en s'orientant grâce... aux esprits saints qui protègeraient la cloche. - Ye Aung Thu - AFP

La plus grande cloche du monde, disparue depuis quatre siècles et dont l'existence est remise en cause par certains historiens, aurait été retrouvée...

Elle a disparu voilà quatre siècles, emportant avec elle au fond des eaux le bateau qui la transportait. La légendaire cloche de Dhammazedi pourrait avoir été localisée dans le fleuve Yangon, en Birmanie.

Sous le regard d'une foule fascinée, des dizaines de plongeurs sommairement équipés sondent depuis plusieurs semaines les eaux troubles et agitées du fleuve. Le responsable de ces recherches, San Lin, affirme que la mission a enfin abouti, mais n'a pas encore apporté la preuve de ses déclarations. Et les historiens birmans ne cachent pas leur scepticisme.

Pilleur maudit

Cette cloche qui suscite tant de fascination possède une histoire extraordinaire. La cloche aurait été coulée dans du bronze, de l'or et de l'argent, et offerte en 1484 à l'immense pagode Shwedagon par le roi-moine Dhammazedi. Son poids supposé contribue au mythe: elle pèserait près de 300 tonnes, soit un poids équivalent à un Boeing 777 au décollage, ce qui en fait la cloche la plus lourde du monde.

Mais en 1608, un aventurier et mercenaire portugais, Filipe de Brito et Nicote, aurait pillé la pagode dorée et se serait emparé de la cloche, dans le but de la faire fondre et d'en fabriquer des canons. Son avidité l'aura perdu: la cloche, trop lourde pour le bateau qui la transportait, aurait fait couler le navire...

Localisée grâce à... des "esprits saints"

Seul bémol: certains historiens ne croient pas du tout à l'histoire, et pensent même qu'elle n'a jamais existé! Au grand dam du plongeur en chef, San Lin. Lui est convaincu de l'avoir déjà aperçu dans les eaux en 1998 lors d'une précédente tentative. Cette fois-ci, pour localiser la cloche, il a fait appel...aux "esprits saints du dragon", délaissant les technologies d'exploration sous-marine.

"On ne peut rien retrouver en suivant les conseils des astrologues et en invoquant les esprits, les dragons et les galouns (oiseaux mythiques, ndlr)", souligne-t-on à la Commission d'histoire birmane. Sur son embarcation en métal rouillé, San Lin préfère ne pas les écouter, et se réconforte en observant les très nombreux badauds qui l'observent sur les rives du fleuve boueux. Il en est convaincu: il va sortir des eaux la cloche légendaire de Dhammazedi dans les prochains jours. Affaire à suivre.