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Bangkok assiégée : « Peu d'espoir de partir »

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L'aéroport de Bangkok est bloqué depuis mardi dernier par des opposants au gouvernement Thaïlandais. Un touriste Français coincé sur place, raconte.

Des dizaines de milliers de touristes internationaux sont aujourd'hui encore bloqués à l'aéroport international de Bangkok, en Thaïlande. Hier, il était environ 100 000. L'aéroport Suvarnabhumi est assiégé depuis mardi dernier par les opposants au gouvernement de l'Alliance du peuple pour la démocratie (PAD), qui demande la démission du Premier ministre Thaïlandais.

« Un taxi pour le Cambodge et un vol à Phnom Penh»

La compagnie Air France-KLM assurera deux vols aujourd'hui et demain au départ de Phuket dans le sud de la Thaïlande, respectivement à destination d'Amsterdam et de Paris, pour les passagers bloqués à l'aéroport international de Bangkok. Mais comme l'explique Laurent, un Français coincé depuis mardi dernier sur place, le rapatriement risque de prendre des semaines. A bord du premier avion qui s'est retrouvé bloqué mercredi dernier, Laurent ne devait faire qu'une escale d'une heure à Bangkok. Cela fait 5 jours qu'il y est bloqué, et il a aujourd'hui « peu d'espoir de pouvoir partir rapidement » : « On est tellement nombreux qu'à mon sens il va falloir au minimum 15 jours, voire 20, pour que tous les étrangers puissent sortir. Il y des situations plus urgentes que la mienne, notamment ceux qui ont des problèmes de santé, qui seront sans doute prioritaires. Si mardi on n'a pas d'avion, notre solution de repli sera certainement un taxi en direction du Cambodge et ensuite on essayera de trouver un vol depuis Phnom Penh. »

En effet, pour quitter le pays, il reste des solutions. Encore faut-il pouvoir se rendre à l'aéroport de Chiang Mai, à 700 km au nord de la capitale, ou à celui de Phuket, à 900 km au sud, ou gagner par la route le Cambodge afin de rejoindre Siem Reap ou Phnom Penh.

Le ministère des Affaires étrangères a annoncé l'envoi d'un avion gros porteur pour aider au retour des Français bloqués en Thaïlande. Partant de Paris aujourd'hui, il devrait être de retour mercredi matin.

« La Thaïlande est fermée »

De leur côté, les voyagistes, qui ont dû prendre en charge l'hébergement de leurs clients bloqués à Bangkok, attendent aussi avec impatience la réouverture de l'aéroport. Georges Colson, PDG du groupe FRAM et président du syndicat national des agences de voyages (SNAV), explique la situation : « Les départs ont été annulés, bien sûr. On ne peut pas se poser à Bangkok, la Thaïlande est fermée. On souhaite qu'elle rouvre pour faire rentrer tous les Français qui sont là-bas. Les clients sont maintenus dans des hôtels, en attendant que l'aéroport rouvre. C'est le voyagiste qui prend ça à ses frais. Heureusement, ce n'est pas la période où on a le plus de clients. Tant qu'il y a des mouvements qui souhaitent voir le départ de leur Premier ministre, on ne prendra pas le risque d'envoyer des clients. »

Et maintenant ?

A Bangkok et dans tout le pays, la tension monte. Hier, plusieurs milliers de partisans du gouvernement thaïlandais, vêtus de rouge, se sont rassemblés dans le centre de Bangkok pour dénoncer le "coup d'Etat déguisé". Et dans la nuit de samedi à dimanche, deux attentats nocturnes à la grenade sur des sites occupés par des opposants de la PAD ont fait au moins 51 blessés à Bangkok. Suite à la décision que doit rendre mardi la Cour constitutionnelle sur un cas de fraude électorale, le Parti du pouvoir du peuple (PPP) du Premier ministre Somchai Wongsawat, devrait être dissout.

Juliette VINCENT, avec Hugo PERRIER