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Au Brésil, un guide de survie pour les Noirs face aux forces de l'ordre circule sur les réseaux sociaux

Des soldats brésiliens ans une favela de Rio de Janeiro.

Des soldats brésiliens ans une favela de Rio de Janeiro. - MAURO PIMENTEL / AFP

Alors qu'une opération militaire, visant à sécuriser la ville de Rio de Janeiro, secouée par les violences, est envisagée, une vidéo a fait le tour des réseaux sociaux ce lundi: trois jeunes Brésiliens noirs y livrent des conseils de survie. Les forces de l'ordre sont souvent accusées de commettre des brutalités dans les favelas. Elles-mêmes sont cependant souvent prises pour cibles par des tirs.

En quelques heures lundi la vidéo a fait le tour des réseaux sociaux au Brésil: trois jeunes Noirs donnent, face caméra, des conseils de survie à leur communauté face aux forces de sécurité. Dans cette vidéo de trois minutes partagée abondamment sur Facebook, les trois jeunes livrent leurs conseils à la veille du déclenchement d'opérations des forces de sécurité coordonnées par l'armée dans Rio contre le crime organisé.

Les quatre conseils

"Malheureusement, nous les Noirs, sommes toujours victimes d'abus et de représailles, alors si vous êtes noir, écoutez-bien", lance l'un des jeunes. Premier conseil: ne pas sortir de chez soi tard le soir. "Malheureusement la nuit, pour les autres, tu n'es pas seulement noir mais tu es un bandit dangereux".

Deuxième conseil: ne pas sortir sans papiers d'identité. Troisième conseil: ne pas sortir sans ton téléphone portable, toujours dire à tes proches où tu vas et tout enregistrer en cas d'interpellation. Quatrième conseil: ne pas emporter de parapluie car "ça a l'air bête, mais vu de loin beaucoup de gens pensent qu'il s'agit d'une arme à feu".

Le décret du président Temer

Le président Michel Temer a ordonné vendredi par décret que l'armée prenne le contrôle de la sécurité à Rio de Janeiro, une ville dépassée par l'escalade de la violence. Lundi soir les députés doivent approuver la mesure, avant le Sénat. Les favelas, dans lesquelles s'entassent un quart des Cariocas, sont devenues des zones de non-droit contrôlées par les trafiquants de drogue lourdement armés et dans lesquels la police n'ose souvent plus pénétrer. 

"C'est triste de devoir faire cette vidéo", a déclaré au quotidien O Globo l'un des trois protagonistes, Edu Carvalho. "Mais nous savons qu'à partir du moment où l'intervention militaire va commencer (à Rio) ce sont les gens des favelas qui en subiront les conséquences (...), le Noir, le pauvre, la personne des favelas". Les forces de l'ordre sont régulièrement accusées de brutalités et d'abus de pouvoir, mais les policiers sont aussi de fréquentes victimes de tirs mortels.

R.V. avec AFP