BFMTV

La Corée du Nord rejette l'ultimatum de Séoul pour le site industriel de Kaesong

Le leader nord-coréen Kim Jong-Un, le 13 avril dernier.

Le leader nord-coréen Kim Jong-Un, le 13 avril dernier. - -

La Corée du Sud avait donné jeudi 24 heures au régime nord-coréen pour accepter son offre de dialogue faute de quoi il s'exposait à des "mesures significatives".

La Corée du Nord a rejeté vendredi l'ultimatum de la Corée du Sud appelant à négocier la réouverture du site industriel intercoréen de Kaesong, fermé de facto par Pyongyang depuis le 3 avril et dont Séoul a implicitement menacé de se retirer de façon définitive.

La Corée du Sud avait donné jeudi 24 heures au régime nord-coréen pour accepter son offre de dialogue faute de quoi il s'exposait à des "mesures significatives".

"Si les marionnettes sud-coréennes continuent d'aggraver la situation, il nous reviendra de prendre des mesures finales et graves", a répondu vendredi la Commission de défense nationale nord-coréenne dans une déclaration citée par l'agence de presse sud-coréenne Yonhap.

Kaesong, dernier reliquat d'un rapprochement intercoréen

Le Nord interdit aux Sud-Coréens l'accès au complexe de Kaesong, situé sur son territoire à une dizaine de kilomètres de la frontière, depuis le 3 avril. Il en a retiré ses 53.000 employés alors que les tensions étaient très vives dans la péninsule.

Unique reliquat des efforts de rapprochement intercoréen, après le gel des relations bilatérales en 2010, Kaesong est toujours resté ouvert à de rares et brèves exceptions près. 

Le site est né dans le sillage de "la diplomatie du rayon de soleil", menée par la Corée du Sud de 1998 à 2008 aux fins d'encourager les contacts entre les deux frères ennemis qui restent techniquement en guerre puisque la Guerre de Corée (1950-53) s'est terminée par un armistice et non par un traité de paix.

Kaesong menacé de faillite dans un pays où tout manque

Pyongyang s'est engagé dans une logique de confrontation totale avec Séoul et Washington après le vote à l'ONU d'un nouveau train de sanctions répondant au troisième essai nucléaire effectué par la Corée du Nord en février dernier en dépit de ses obligations internationales.

Kaesong reste ainsi fermé et menacé de faillite alors que, avec un chiffre d'affaires de 469,5 millions de dollars US en 2012 (360 millions d'euros), il constitue une manne en termes d'emploi, d'impôts et d'apports en devises étrangères pour la Corée du Nord où tout manque.

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un, propulsé à la tête du régime après la mort de son père Kim Jong-Il en décembre 2011, avait annoncé début janvier un "virage radical" pour redresser l'économie exsangue du pays tout en réaffirmant les ambitions militaires du régime.


A LIRE AUSSI:

>> Notre dossier Corée du Nord: l'heure des provocations

C.P. avec AFP