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Argentine: l'émotion monte, l'espoir de revoir l'équipage du sous-marin chute

Les proches des victimes dans le désarroi à la base navale de Mar Del Plata.

Les proches des victimes dans le désarroi à la base navale de Mar Del Plata. - EITAN ABRAMOVICH / AFP

L'Argentine est sans nouvelle du sort des 44 membres de l'équipage du sous-marin San Juan depuis huit jours. Ce jeudi, la marine a annoncé que le bruit perçu près de la dernière localisation connue de l'appareil avait les caractéristiques d'une explosion. La détresse des proches et du pays est immense.

L'espoir de revoir vivant les 44 membres de l'équipage du sous-marin San Juan, disparu depuis huit jours, recule et les Argentins s'attendent au pire. Ce jeudi, la marine a annoncé que le bruit perçu quelques heures après l'ultime communication de l'appareil et près de sa dernière localisation avait les "caractéristiques d'une explosion". En conséquence, la piste de l'explosion est désormais privilégiée. Cette information a provoqué l'effondrement des familles et des proches. "Ils ne nous disent pas qu'ils sont morts mais qu'ils sont à 3.000 mètres de fond", a témoigné Itati Leguizamon, épouse d'un marin, devant la base navale de Mar del Plata. 

Sur son site, le journal La Nacion a donné à voir ce chagrin, dépeignant un "climat de douleur et de détresse" au sein des familles. Le média a relayé les propos d'Elena et Frederico Ibanez dont le frère Cristobal est à bord du San Juan. Leur amertume au sujet des autorités est grande: "Pourquoi ne sont-ils pas partis à leur recherche dans la foulée? Pourquoi un tel protocole? Le temps est déjà presque passé. Nous espérons un miracle, que mon frère revienne, avec tout l’équipage." 

La prière des Malouines 

La tristesse est large en Argentine, excédant les premiers cercles de l'entourage des disparus pour atteindre de larges pans de la population locale. Et même au-delà. Les Îles Falklands, qui jouxtent les côtes d'une Argentine qui les appellent les Malouines et les réclament tant qu'elle a déclenché une guerre pour elles en 1982, ont exprimé leur solidarité, comme le rapporte Clarin. Mercredi, sur Twitter, elle ont mis en circulation une prière, un hymne religieux écrit en 1860, mais inspiré du psaume 107 de la Bible, traditionnellement associé aux marins. Il y est notamment dit: "Ô Père éternel, puissant pour sauver (...) Entends-nous quand nous pleurons vers toi, pour ceux qui sont en péril en mer". Cet hommage a été partagé un grand nombre de fois. 

44 destins

44 membres d'équipage, ce sont aussi 44 histoires individuelles propres à susciter l'émotion nationale et internationale. L'AFP a recensé certaines d'entre elles. Il y a d'abord la première femme officier à exercer son métier dans un sous-marin argentin: la lieutenant Eliana María Krawczyk, 35 ans, cheffe des armes, qui n'a connu la mer qu'à ses 21 ans. Il y a aussi le capitaine de frégate Pedro Martín Fernández, maître à bord du vaisseau. Cet homme de 45 ans sillonne les fonds marins depuis vingt ans.

On compte aussi parmi les sous-mariniers le caporal Luis Niz, un homme de 25 ans, dont le mariage est prévu au 7 décembre prochain. Il y a aussi Fernando Santili, 35 ans, père de famille dont le fils a appris à dire "papa" en son absence ou encore le caporal Mario Armando Toconás Oriundo, 36 ans, lui aussi père et dont la compagne est enceinte de quatre mois. 

Robin Verner