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68b/937df1ec72a4e022c930af7fc92b6 - Darren Hauck - AFP

Une pétition, lancée par une élue démocrate, exige que le candidat républicain dans la course à la Maison-Blanche subisse un examen psychiatrique. Selon elle, Donald Trump souffre d'un trouble narcissique de la personnalité. L'initiative ne fait pas l'unanimité.

Donald Trump est dangereux. Pire, il n'a pas les capacités mentales pour gouverner les États-Unis. C'est ce que pense Karen Bass, une élue démocrate de Californie, qui a lancé une pétition en ligne sur le site Change.org pour exiger un examen psychiatrique du sulfureux candidat républicain pour l'élection présidentielle de novembre prochain.

Il se croit unique

Selon l'élue, le magnat de l'immobilier dans la course à la Maison-Blanche présenterait tous les signes d'un trouble narcissique de la personnalité. Elle dresse même la liste des neuf symptômes qui permettent d'établir le diagnostic. Par exemple: il profite des autres pour arriver à ses fins, se croit unique, réclame d'être admiré ou encore manque d'empathie et adopte souvent un comportement hautain et arrogant.

"Son impulsivité et le manque de contrôle de ses émotions sont inquiétants. Cela relève de notre devoir patriotique d'interroger la stabilité mentale du futur commandant en chef et leader du monde libre", explique-t-elle. "Nous avons besoin d'une plus grande compréhension de la santé mentale de Donald Trump avant d'aller aux urnes le 8 novembre". 

Au bord de la folie

Ce n'est pas la première fois qu'un tel diagnostic est posé. En juin dernier, Le Quotidien du Médecin, qui titrait en Une "Faut-il ligaturer Trump?", avait soumis le cas à plusieurs psychiatres et psychanalystes. Le verdict était sans appel: le candidat républicain à la Maison-Blanche est au bord de la folie. Les spécialistes estimaient même qu'un passage à l'acte n'est pas exclu.

"Ils ne l'ont pas examiné en direct", écrivait le quotidien, mais les spécialistes "ont décrypté le tableau clinique offert par le 'festival Trump', depuis que le milliardaire arpente la campagne américaine, à coup de déclarations fracassantes: complotisme délirant, racisme invétéré, égotisme exacerbé, machisme débridé, mépris compulsif des données scientifiques…"

Un avis partagé: la pétition avait déjà recueilli plus de 28.000 signatures ce lundi midi. Sur Twitter, le hashtag #DiagnoseTrump relaie l'initiative. Et a été massivement partagé. Si certains approuvent l'opération, la qualifiant de "formidable", d'autres se montrent plus critiques. 

"J'ai enseigné la psychologie pendant vingt ans. On peut le diagnostiquer narcissique. Point", a tweeté un internaute.

This is fantastic. A petition calling for a mental health evaluation of #Trump. #DiagnoseTrumphttps://t.co/drKXeGX9Dn
— KA Semenova (@SemenovaKA) August 3, 2016

Des associations et patients souffrant de troubles psychiatriques ont estimé que remettre en question la capacité de Donald Trump à gouverner pour cette raison reviendrait à juger incompétents tous ceux qui souffrent de cette pathologie. 

"Je ne suis pas vraiment fan de ce hashtag #DiagnoseTrump. La plupart des personnes qui souffrent d'une maladie mentale sont correctes et gentilles", a réagi un autre, craignant une stigmatisation.

"Ne donnez pas à Donald Trump le visage du malade mental qu'il pourrait avoir. Il stigmatise les patients qui eux, ne sont pas abominables", a tweeté une autre.

Certains internautes ont par ailleurs tenu à rappeler la responsabilité de Donald Trump dans ses prises de position. "Il a trop de troubles de la personnalité pour les compter. Mais le pire, c'est qu'il soit raciste, xénophobe et sexiste", s'indigne un utilisateur de Twitter. "Raciste, misogyne, arrogant, inexpérimenté", énumère un autre.

"Un suprémaciste blanc ne peut-il pas simplement être un suprémaciste blanc sans que ce soit qualifié de maladie?", s'interroge un internaute, rappelant que le racisme n'est pas une maladie mentale.

"Etre narcissique est une chose. Etre raciste, sexiste, fanatique et délibérément ignorant est un choix", rappelle une internaute.

L'Association américaine de psychiatrie a quant à elle réagi: elle refuse de donner un avis sans avoir rencontré le patient.

C.H.A.