BFMTV
États-Unis

États-Unis: la Louisiane examine un projet de loi pour déclarer l'avortement comme homicide

Une manifestante contre le droit à l'avortement devant la Cour suprême à Washington le 5 mai 2022.

Une manifestante contre le droit à l'avortement devant la Cour suprême à Washington le 5 mai 2022. - Jim WATSON-AFP

Une commission de la chambre des représentants de Louisiane a présenté un projet de loi visant à déclarer l'avortement comme un homicide, mercredi. La loi doit être votée le 12 mai prochain.

Un nouveau coup d'arrêt pour le droit à l'avortement aux États-Unis. Le Washington Post révèle que la Louisiane prépare un projet de loi pour classer l'avortement d'homicide, ce qui permettrait aux procureurs d'inculper les patientes.

Un projet de loi qui intervient deux jours après que Politico a révélé que la Cour suprême américaine a pour projet de remettre en cause l'arrêt Roe versus Wade garantissant l'accès à toutes les femmes à l'avortement.

Les républicains du parlement de Louisiane ont présenté mercredi en commission un projet de loi pour déclarer l'interruption volontaire de grossesse comme homicide, qui a été adopté par 7 voix contre 2.

Restreinte aussi la contraception d'urgence

Selon certains experts cités dans le Washington Post, cette nouvelle loi pourrait restreindre la fécondation in vitro et la contraception d'urgence, car il accorderait des droits constitutionnels à une personne "dès le moment de la fécondation". Fait rare même dans un État conservateur, en plus de qualifier d'homicide l'avortement, cette loi permettra de poursuivre les patientes devant un tribunal pénal.

La chambre des représentants, à majorité républicaine, doit se prononcer sur cette loi le 12 mai prochain. La Louisiane fait partie des 13 États à avoir "une loi de déclenchement", interdisant rapidement l'avortement en cas de décision finale de la Cour suprême.

"Une amende terriblement insuffisante"

Le gouverneur, le démocrate John Bel Edwards connu pour ses positions anti-avortement à l'inverse de son parti, a déclaré qu'il "n'intervenait pas sur une législation qui n'est pas parvenue à son bureau".

"Je sais que nous avons une loi de déclenchement", a indiqué devant la commission, Birna Gunter, pasteur qui a aidé a rédiger le projet de loi. "Les fournisseurs d'avortement doivent payer une amende de 1000 dollars, ce qui est terriblement insuffisant."

"Une loi barbare"

Les défenseurs des droits ont, de leur côté, tenté de tirer la sonnette d'alarme à plusieurs reprises après la révélation du projet de loi.

"Ce que fait ce projet de loi, c'est de modifier spécifiquement le crime d'homicide et le crime de coups et blessures pour permettre à l'État d'inculper des personnes, y compris la mère enceinte, à n'importe quel stade de la fécondation", a rappelé l'avocate des associations de défense de l'interruption volontaire de grossesse, Ellie Schilling au cours de la commission.

Le directeur de l'union des libertés civiles de Louisiane Chris Kaiser parle "de loi barbare qui exposerait des gens à des poursuites pour meurtre, passibles de la perpétuité pour avoir avorté. Cette loi me préoccupe gravement", a-t-il écrit dans un communiqué de presse.

Des associations de défense des droits à l'interruption volontaire de grossesses ont appelé à manifester en masse à Washington, Los Angeles, New York et Chicago, le 14 mai "pour défendre ce droit et exprimer [leur] rage".

Pauline Boutin