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Donald Trump décrié par le pape... et alors?

Donald Trump n'a pas accordé une grande importance aux propos du pape

Donald Trump n'a pas accordé une grande importance aux propos du pape - Spencer Platt - AFP

L'avis du pape devrait bien peu peser sur la primaire républicaine en Caroline du Sud qui se tient ce samedi. Donald Trump le sait bien, et il en joue.

En Caroline du Sud, où la primaire républicaine se tient samedi, les deux tiers des habitants sont protestants. Les protestants évangéliques sont même le bloc électoral le plus important à la primaire républicaine: 65% des votants en 2012. Alors le milliardaire américain Donald Trump peut bien se permettre de riposter durement au pape François.

"Une personne qui veut construire des murs et non des ponts n'est pas chrétienne", avait déclaré le souverain pontife au sujet du candidat, tout en se demandant si c'était bien ce qu'avait proposé Donald Trump.

Mais peu importe finalement pour le milliardaire ultra-conservateur: dans la famille évangélique, les croyants se méfient particulièrement de toute hiérarchie religieuse.

Trump s'agace... puis se ravise

Les catholiques américains, eux, vivent plutôt dans le nord-est des Etats-Unis. Outre-Atlantique, la popularité du pape est d'ailleurs plus forte à gauche qu'à droite: 67% des conservateurs en ont une opinion favorable contre 80% des Américains de gauche, selon l'institut Pew en janvier.

"Qu'un leader religieux mette en doute la foi d'une personne est honteux", a d'abord répliqué Donald Trump, avant de s'adoucir, et d'affirmer que, finalement, le pape était "un type formidable".

Le magnat de l'immobilier va même plus loin pour retourner la situation, il explique à ses électeurs que le pape a été manipulé par le gouvernement mexicain! En se faisant passer pour une victime, Donald Trump va dans le sens de ses électeurs, friands de théories du complot, et qui le soutiennent notamment parce qu'il n'est pas politiquement correct, comme l'explique le correspondant de BFMTV à Washington.

Chez les républicains, les conseils politiques du pape ne sont pas les bienvenus de façon générale, et les candidats rivaux de Donald Trump, ont plutôt pris son parti dans cette polémique. Les catholiques Jeb Bush et Marco Rubio ont en substance demandé au pape de rester à sa place de chef religieux.

Même les responsables catholiques n'ont défendu le pape François qu'à demi-mots. Bill Donohue, président de la Ligue catholique, a supposé que le pape s'était fait piéger par les journalistes et souligné qu'il avait donné "le bénéfice du doute" à Donald Trump.

A. D.