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Canada: un garde-chasse suspendu après avoir refusé d'euthanasier deux oursons

Les deux oursons ont été accueillis dans un refuge pour animaux sauvages.

Les deux oursons ont été accueillis dans un refuge pour animaux sauvages. - Capture d'écran CBS News

A Port-Hardy, au Canada, un garde-chasse a été suspendu de ses fonctions après avoir refusé d'euthanasier les petits d'une femelle grizzli, elle-même tuée après avoir volé de la nourriture dans une maison.

Son sort a ému le Canada. Bryce Casavant, un garde-chasse de Colombie-Britannique, sur la côte ouest du pays, a été suspendu par sa direction après avoir refusé d'euthanasier deux oursons de deux mois, comme le lui demandait pourtant sa hiérarchie, ce qui a entraîné une vague de solidarité chez les Canadiens, indignés.

"Ces oursons n'ont rien fait"

L'histoire a commencé dimanche dernier dans la ville de Port-Hardy, dans la région de Vancouver. Comme le veut la loi, une femelle grizzli adulte y a été tuée par des garde-chasse, après avoir été aperçue à plusieurs reprises en train de voler de la nourriture dans le congélateur d'une maison. Quelques instants plus tard, ses bébés ont été retrouvés dans un arbre, où ils attendaient le retour de leur mère. Bryce Casavant a reçu l'ordre de les exécuter aussi. Mais le garde-chasse a préféré désobéir à sa hiérarchie, en décidant d'endormir les deux petits oursons, avant de les confier à un refuge.

Une initiative saluée par le directeur du refuge, Robin Campbell, qui a expliqué sur CBS News que les deux petits n'étaient pas encore habitués à être seuls dans la nature. "La mère posait problème mais ces oursons n'ont rien fait", a-t-il par ailleurs estimé.

Les Canadiens mobilisés

L'acte de désobéissance de Bryce Casavant lui a valu les foudres de sa direction, qui n'a ni plus ni moins décidé de le suspendre. La sentence, sans appel, a choqué de nombreux Canadiens. Une pétition a ainsi été lancée sur Change.org pour demander la réintégration du garde-chasse. L'acteur britannique Ricky Gervais a personnellement pris la défense de Bryce Casavant, mercredi, sur son compte Twitter.

Une lettre ouverte a par ailleurs été publiée sur Facebook par un journal local, interpellant directement la ministre de l'Environnement, Mary Polak, sur la question.

Celle-ci a répondu par le biais d'un communiqué, estimant qu'il s'agit d'une "triste et fâcheuse situation". "Même si les garde-chasse doivent parfois abattre des animaux sauvages pour la sécurité du public et le bien-être de l'animal, nous comprenons à quel point cela peut être difficile pour toutes les personnes impliquées", assure-t-elle.

Pour l'heure, la direction n'a pas changé d'avis sur le sort de Bryce Casavant. Mais plus de 75.000 signatures pour sa réhabilitation avaient déjà été recueillies ce jeudi après-midi.

A.S.