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Venezuela: l'opposant Juan Guaido déclaré inéligible pour 15 ans

Juan Guaido, reconnu président par intérim du Venezuela par une cinquantaine de pays. (Photo d'illustration)

Juan Guaido, reconnu président par intérim du Venezuela par une cinquantaine de pays. (Photo d'illustration) - Federico Parra - AFP

D'après le contrôleur de la République, proche du pouvoir de Nicolas Maduro, le leader de l'opposition n'aurait pas justifié certaines de ses dépenses dans ses déclarations de patrimoine.

Juan Guaido, chef de file de l’opposition à Nicolas Maduro et président du Parlement vénézuélien, a été déclaré inéligible pour 15 ans. Elvis Amoroso, Contrôleur général de la République chargé de veiller à la transparence de l'administration vénézuélienne, a décidé jeudi 28 mars "d'interdire l'exercice de toute fonction élective au citoyen (Juan Guaido) pour la durée maximum prévue par la loi."

Jugé proche du pouvoir en place, Elvis Amoros avait annoncé le 11 février l’ouverture d’une enquête visant l’opposant politique, reconnu président vénézuélien par intérim par une cinquantaine de pays.

Selon lui, Juan Guaido n'aurait pas justifié, dans ses déclarations de patrimoine, certaines dépenses effectuées au Venezuela et à l'étranger avec des fonds provenant d'autres pays.

"Il a réalisé plus de 91 voyages hors du territoire pour un coût supérieur à 310 millions de bolivars (soit 94.000 dollars au taux actuel), sans justifier l'origine de ces fonds."

La sanction étant en théorie d’application immédiate, Juan Guaido ne devrait plus pouvoir siéger au Parlement.

"Il n'est pas contrôleur"

Juan Guaido a immédiatement dénoncé cette sanction, affirmant qu’Elvis Amoros “n’est pas contrôleur” et qu’il “n’existe pas de sanction d’inéligibilité”. "Le Parlement légitime est le seul ayant le pouvoir de désigner un contrôleur", a-t-il déclaré en rappelant qu'Elvis Amoroso avait été nommé à ce poste par l'Assemblée constituante, acquise à Nicolas Maduro, qui remplace dans les faits le Parlement, le seul organisme contrôlé par l'opposition.

"Chaque journée (supplémentaire) dans la rue pour moi est une défaite pour le régime. S'il m'arrête, ce sera son ultime défaite", a-t-il déclaré au cours d’une réunion publique.

Une décision “ridicule”, selon les États-Unis

Une partie de la communauté internationale a également dénoncé la décision du Contrôleur général de la République vénézuélienne. Washington a notamment qualifié cette sanction de “ridicule”.

Les États-Unis, font partie de la cinquantaine de pays qui reconnaissent Juan Guaido comme président par intérim du Venezuela et qui demandent le départ de Nicolas Maduro du pouvoir, jugeant qu’il a été élu pour un second mandat à la suite d’élections frauduleuses. À l’inverse, la Russie accuse les Washington de vouloir organiser un “coup d’État” dans ce pays aux immenses réserves pétrolières.

Juliette Mitoyen avec AFP