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Argentine: le harcèlement de rue désormais puni à Buenos Aires

Des activistes défilent lors de la commémoration de la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes à Buenos Aires le 25 novembre 2016.

Des activistes défilent lors de la commémoration de la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes à Buenos Aires le 25 novembre 2016. - EITAN ABRAMOVICH - AFP

Le parlement de la ville de Buenos Aires a voté le 7 décembre dernier une loi visant à punir le harcèlement de rue. Les associations féministes, elles, sont dubitatives.

"La voie punitive est-elle le chemin pour en finir avec ces 'micro' et 'macro' machismes, tellement enracinés culturellement dans notre pays ?". Voilà la question que se pose Mariana Carbajal, une journaliste argentine, dont les propos ont été relayés dans un article du Monde

Car le 7 décembre dernier, une loi, votée par le parlement de Buenos Aires, prévoit de punir jusqu'à 1.000 pesos (60 euros) ou 10 jours de travail communautaire, les harceleurs de rue notamment adeptes du "piropos", des réflexions grossières voire obscènes, précise le quotidien français. 

"100 % des femmes interrogées ont souffert d'un type de harcèlement de rue"

C'est d'ailleurs dans ce cadre que les résultats d'une enquête réalisée dans 10 provinces argentines ont été diffusés et pointent notamment que "100 % des femmes interrogées ont souffert, dans leur vie, d'un type de harcèlement de rue". Un autre sondage paru le 25 novembre dernier révèle quant à lui que 97% des femmes argentines ont déjà été victimes de harcèlement, que 79% ont subi des attouchements, notamment dans les transports publics, et que 69% ont été en situation de crainte d'être violée.

"Les femmes victimes de violences en Argentine font face à un problème systémique et généralisé (...)", avait notamment déclaré la même semaine à Buenos Aires la Rapporteur spéciale de l'ONU sur la violence contre les femmes, Dubravka Simonovic.

Les féministes pas convaincues

Malgré le vote de cette loi, les féministes restent dubitatives dans une société où le machisme est très ancré culturellement. Même l'actuel président du pays, avant son élection, avait dédramatisé le harcèlement de rue en déclarant que "toutes les femmes aiment les piropos", rappelle Le Monde.

A Buenos Aires, des dizaines de milliers de femmes ont défilé le 25 novembre dernier entre le parlement et la Place de Mai, devant le palais présidentiel, à l'appel du collectif "Ni Una Menos" ("pas une de moins"). Une mobilisation pour répondre à "la violence sociale, légale, politique, morale, et verbale expérimentée par les femmes sous diverses latitudes". 

Depuis le début de l'année, 200 femmes ont été tuées par leur époux, ex-mari ou compagnon en Argentine, un pays qui se situe pourtant parmi les plus avancés d'Amérique Latine. En octobre dernier, la mort d'une ado de 16 ans, droguée, violée puis empalée, avait secoué le pays, rappelle le journal qui précise qu'elle est devenue le "symbole de la violence machiste".
A.C. avec AFP