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Après sa tournée d'Amérique latine, Juan Guaido acclamé à son retour à Caracas

Juan Guaido, chef de l'opposition et président autoproclamé par intérim arrive le lundi  4 février 2019 au Palais fédéral législatif à Caracas.

Juan Guaido, chef de l'opposition et président autoproclamé par intérim arrive le lundi 4 février 2019 au Palais fédéral législatif à Caracas. - Yuri CORTEZ / AFP

L'opposant vénézuélien avait quitté clandestinement le Venezuela pour se rendre avec son épouse dans plusieurs pays d'Amérique latine, dont la Colombie, le Brésil, le Paraguay, l'Argentine et l'Équateur - où il a été chaque fois accueilli en chef d'Etat.

L'opposant vénézuélien Juan Guaido est rentré lundi au Venezuela, acclamé par une foule de partisans à l'aéroport international de Caracas où l'attendait également un comité d'accueil composé d'ambassadeurs européens et latino-américains pour garantir sa sécurité.

"Nous connaissons les risques que nous courons, ça ne nous a pas retenus : nous sommes ici au Venezuela, plus fort que jamais", a lancé Juan Guaido à la foule, avant de sortir de l'aérogare en costume sombre et chemise blanche, tout sourire, debout sur le toit d'une voiture : "On continue dans les rues! La mobilisation continue!"

Guaido acclamé en rock star

Juan Guaido, qui s'est autoproclamé président par intérim le 23 janvier et a été reconnu par une cinquantaine de pays, avait promis de rentrer "malgré les menaces" alors qu'il encourt une arrestation pour avoir bravé une interdiction de sortie du territoire vénézuélien. Une dizaine d'ambassadeurs avaient donc fait le déplacement à l'aéroport.

Au même moment, le vice-président américain Mike Pence promettait depuis Washington une "réaction rapide" en cas de "menaces, violences ou intimidations" contre le jeune opposant de 35 ans.

Des milliers de partisans de l'opposition, vêtus de blanc et munis de drapeaux vénézuéliens, ont commencé à converger dans les principales villes du pays. Il est très attendu à Caracas, où une estrade a été dressée dans le quartier de Las Mercedes, mais ses partisans devront patienter car Juan Guaido va d'abord se rendre au village de Cati La Mar, dans l'Etat de Vargas où il a grandi.

"Notre mission est d'insister, de persister, jusqu'à parvenir (au but) et de résister aux derniers soubresauts de ceux qui savent qu'ils sont déjà en voie de disparition", a-t-il lancé sur Twitter lundi matin.

Une tournée d'Amérique latine

Théoriquement, Juan Guaido, en tant que président de l'Assemblée nationale, dispose de l'immunité parlementaire, mais il court le risque d'une arrestation pour avoir bravé une interdiction de sortie du territoire en se rendant il y a une dizaine de jours en Colombie, d'où il a entrepris une tournée dans quatre autres pays du continent.

Juan Guaido avait annoncé la semaine dernière son intention de rentrer au pays "malgré les menaces". Dimanche soir, via les réseaux sociaux, il a prévenu le régime de Nicolas Maduro contre toute "tentative de l'enlever", qui constituerait selon lui "son ultime erreur". "Demain nous retrouvons notre pays, nos fonctions. Bien sûr il y a un risque, mais ce n'est pas nouveau", a-t-il ajouté.

Juan Guaido avait quitté clandestinement le Venezuela pour se rendre avec son épouse dans la Colombie voisine, d'où il a tenté d'organiser le passage d'une aide humanitaire finalement bloquée par les forces armées vénézuéliennes. Il a aussi participé à Bogota à une réunion du groupe de Lima (13 pays d'Amérique Latine et le Canada) avant de se rendre au Brésil, au Paraguay, en Argentine et en Equateur - où il a été chaque fois accueilli en chef d'Etat.

Jeanne Bulant avec AFP