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Alep: une enfant de 7 ans tweete son quotidien dans la ville assiégée

Bana, 7 ans, raconte son quotidien sous les bombes sur Twitter.

Bana, 7 ans, raconte son quotidien sous les bombes sur Twitter. - Twitter-@Alabedbana

Cela fait maintenant plus d'une semaine que Bana, 7 ans, raconte son quotidien sur Twitter. Un quotidien sous les bombes à Alep en Syrie, ville divisée par les rebelles et le pouvoir syrien.

Bana al-Abed a 7 ans. Elle vit avec sa mère et ses deux petits frères dans un quartier d'Alep, la deuxième ville syrienne, divisée entre l'occupation par le pouvoir syrien et l'occupation par les rebelles.

Quand Bana s'est réveillée lors de sa dernière sieste, elle a demandé à sa mère Fatamah si c'était déjà le matin, confie cette dernière au journal britannique The Guardian, mais la lumière qui filtrait par la fenêtre n'était pas celle du jour, mais celle des bombes au phosphore. 

Pour témoigner de la vie à Alep, Fatemah a décidé de faire parler sa fille sur Twitter. Plusieurs fois par semaine, mère et fille détaillent les nuits sous les bombes, le bruit, les bâtiments incendiés dans leur quartier, la peur. Le compte Twitter @alabedbana est devenu une chronique de sa vie sous le siège d'Alep. Ouvert le 24 septembre, tout a débuté avec un tweet simple "I need peace" ("J'ai besoin de paix").

Mère et fille envoient au monde des fragments de leur vie sous les bombes, des images du carnage de leur ville, mais aussi des vidéos et photos de Bana apprenant l'anglais à la maison. La petite fille rêve de devenir institutrice, mais aller à l'école est devenu trop dangereux, c'est sa mère qui lui donne des cours à la maison.

"Bonjour d'Alep, je lis pour oublier la guerre" a raconté Bana dans l'un de ses premiers tweets.

Dans la nuit du 30 septembre, la ville d'Alep a été bombardée. "2 bombes au phosphore et 2 bombes barils ont frappé vers notre maison, le sol a tremblé, nous avons pleuré." 

"Cher monde, prie pour nous. Qui sait si nous allons survivre ce soir" a relaté Fatamah, mère de trois enfants.

"Mon fils de 5 ans, Mohammed, aime dessiner, mais il est très effrayé par les avions russes" confie Fatamah, avec une vidéo de son petit garçon.

"Nous sommes bombardés toutes les nuits"

Dans une vidéo retweetée plus de 1.500 fois, Bana se bouche les oreilles, effrayée par le bruit des bombes.

"J'ai très peur de mourir ce soir. Ces bombes vont me tuer maintenant", raconte la petite fille. 

"Bonjour le monde, nous sommes toujours vivants. Nous nous sommes réveillés ce matin vivant".

Aujourd'hui, le compte de Bana compte plus de 10.000 followers.

Marine Henriot