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Militaires tués: Jean-Yves Le Drian tance "les risques majeurs" pris par les ex-otages

Jean-Yves Le Drian en Côte d'Ivoire le 18 octobre 2018. - Sia Kambou - AFP

Jean-Yves Le Drian en Côte d'Ivoire le 18 octobre 2018. - Sia Kambou - AFP - -

Le ministre des Affaires étrangères a souligné que les jihadistes étaient de plus en plus mobiles dans la région sud du Sahel, avant d'inviter les touristes français à la plus grande précaution.

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a invité les touristes à la plus grande prudence au sud du Sahel, après l'enlèvement de deux Français au Bénin. Le locataire du Quai d'Orsay a souligné que les jihadistes étaient de plus en plus mobiles dans cette région.

"La plus grande précaution doit être prise dans ces régions pour éviter que de tels enlèvements n'aient lieu et pour éviter des sacrifices de nos soldats", a-t-il insisté ce samedi sur Europe 1.

S'informer auprès du Quai d'Orsay

La libération des deux touristes français, Patrick Picque et Laurent Lassimouillas, enlevés le 1er mai dans le nord du Bénin puis emmenés au Burkina Faso voisin alors qu'ils étaient sur le point d'être transférés au Mali, s'est soldée par la mort de deux soldats des forces spéciales françaises. L'opération s'est déroulée dans la nuit de jeudi à vendredi dans le nord du Burkina.

"Il faut que tous ceux qui veulent faire du tourisme dans ces pays s'informent auparavant de ce qu'on appelle les 'conseils aux voyageurs' mis en place et entretenus régulièrement par le Quai d'Orsay et qui indiquent les zones sûres, celles à petit risque et celles à gros risque", a souligné Jean-Yves Le Drian.

Et le ministre d'ajouter que "la zone où étaient nos deux compatriotes était considérée depuis déjà pas mal de temps comme une zone rouge, c'est-à-dire une zone où il ne faut pas aller, où on prend des risques majeurs si on y va".

Un périmètre d'attaques jihadistes élargi

Sur son site, le ministère des Affaires étrangères déconseillait formellement aux voyageurs de se déplacer dans l'extrême-nord du Bénin, frontalier du Burkina et du Niger, "compte tenu de la présence de groupes armés terroristes et du risque d'enlèvement".

Les attaques jihadistes, concentrées initialement dans le nord du Mali, se sont étendues vers le centre du pays puis vers le Burkina Faso et menacent désormais les pays côtiers du Golfe de Guinée, jusque-là épargnés.

"La menace a changé de forme, elle est devenue beaucoup plus mobile et ce sont maintenant les pays situés au sud du Mali qui sont les cibles, avec des fragilités singulièrement au Burkina Faso mais même dans le nord du Bénin", a relevé le chef de la diplomatie française.

Barkhane "tout à fait essentielle"

"Il faut maintenir la pression sur ces groupes", a poursuivi le ministre, jugeant l'action de la force française Barkhane "tout à fait essentielle" dans ce contexte.

"C'est vrai que Barkhane n'a pas vocation à rester éternellement dans la zone mais aujourd'hui, le maintien des risques, des menaces nécessite cette présence", a-t-il estimé.

Cette force antijihadistes compte 4.500 soldats déployés dans cinq pays du Sahel, à savoir le Mali, le Niger, le Burkina Faso, le Tchad et la Mauritanie.

Jules Pecnard avec AFP