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Mali: découverte d'un charnier de 21 corps près de Bamako

Amadou Haya Sanogo en avril 2012, après le coup d'Etat.

Amadou Haya Sanogo en avril 2012, après le coup d'Etat. - -

Un charnier de 21 corps, sans doute des militaires proches du président renversé en mars 2012, a été découvert mercredi, une semaine après l'arrestation de l'auteur du putsch, Amadou Sanogo.

C'est une découverte qui pourrait faire évoluer la procédure qui vise Amadou Sanogo, le général auteur du coup d'Etat de mars 2012 au Mali, interpellé la semaine dernière. Un charnier de 21 corps, sans doute des "bérets rouges", des militaires proches du président Amadou Toumani Touré renversé en mars 2012, a été découvert mercredi à Diago, près de Bamako.

Le charnier a été découvert près de l'ex-quartier général de Sanogo et ses hommes situé à Kati, à 15 km de Bamako.

Des indices peu avant l'inculpation de Sanogo

Cette découverte n'est pas une surprise pour un proche collaborateur du juge d'instruction Yaya Karembe qui a inculpé le général Amadou Sanogo. "Nous avions des indices peu avant l'inculpation de Sanogo. L'endroit était connu (...) car depuis trois semaines, les ex-compagnons de Sanogo avaient donné des informations précises sur le charnier", explique ce collaborateur du juge, présent sur place. "Mais je veux être prudent", ajoute-t-il, "Nous avons besoin de faire des analyses avant de dire qu'il s'agit bien des corps de +bérets rouges+. En l'état actuel de nos moyens, nous ne pouvons pas le prouver et nous demanderons sûrement l'aide de pays comme la France".

Selon le gouvernement malien, "pour l'instant, Amadou Sanogo est inculpé de complicité d'enlèvement de personnes", mais une source proche du juge Karembe a affirmé à l'AFP qu'il a été inculpé de "meurtres, complicité de meurtres, assassinats, enlèvement de personnes et complicité d'enlèvement".

"Bérets rouges" contre "bérets verts"

Le 30 avril 2012, les "bérets rouges" avaient vainement tenté de reprendre le pouvoir lors d'une tentative de contre-coup d'Etat sanglante au cours de laquelle une vingtaine d'entre eux avaient été tués par les "bérets verts", les hommes de Sanogo, mais dont les corps n'avaient jamais été retrouvés. Ce ne sont pas les seules exactions dont sont soupçonnés Sanogo et ses hommes.

Le coup d'Etat avait précipité la chute du nord du Mali aux mains de groupes islamistes armés, qui ont occupé cette région pendant neuf mois avant d'en être en partie chassés par une intervention militaire internationale lancée par la France en janvier 2013 et toujours en cours.

K. L. avec AFP