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La visite controversée de Lionel Messi au Gabon

La star du football, Lionel Messi, à son arrivée à Libreville, vendredi. Bermuda déchiré sur tapis rouge.

La star du football, Lionel Messi, à son arrivée à Libreville, vendredi. Bermuda déchiré sur tapis rouge. - Steve Jordan - AFP

En répondant à l'invitation du président gabonais Ali Bongo, la star du football crée la polémique dans un pays traversé de graves problèmes sociaux. Sur les réseaux et dans l'opposition, on s'interroge sur le sens des priorités du pouvoir en place tout en dénonçant l'attitude désinvolte de l'attaquant du Barça, arrivé vendredi en bermuda déchiré et t-shirt.

Dans un pays miné par les conflits sociaux, la visite de l'attaquant argentin du FC Barcelone Lionel Messi est loin de faire l'unanimité. L'UPG, parti d'opposition de gauche, a notamment dénoncé l'attitude désinvolte voire irrespectueuse du sportif: "Le Messie du foot est arrivé comme dans un zoo au Gabon: sale, mal rasé et les mains dans les poches à la recherche de cacahuètes à leur balancer!", cite Le Figaro.fr. Sur les réseaux sociaux aussi, cette visite s'attire plus de critiques que de louanges, avec en point d'orgue ce moment où le président gabonais a "servi de chauffeur" au footballeur. Les uns y voient la "simplicité" de l'homme fort du pays, tandis que les autres fustigent une vile démagogie.

"Un homme d'honneur qui tient parole" selon Bongo

La star du football a aussi participé samedi aux côtés du président gabonais Ali Bongo Ondimba à la cérémonie de pose de la première pierre du stade de Port-Gentil qui doit accueillir des rencontres de la Coupe d'Afrique des Nations 2017 de football (CAN-2017). La cérémonie s'est déroulée sur un vaste terrain sablonneux où le stade va être érigé. Lionel Messi, dont c'était la première visite au Gabon, a signé des autographes sur des maillots de son équipe portés par ses fans, avant de procéder symboliquement à la pose de la première pierre, dans le sillage du président gabonais.

"Quand je m'étais rendu à Barcelone il y a quelques années, j'avais rencontré Messi qui m'avait indiqué qu'il viendrait me rendre visite à Libreville", a déclaré à la presse Ali Bongo Ondimba. "C'est une promesse qu'il m'avait faite. C'est un homme d'honneur qui a juste tenu sa parole. Le calendrier faisait bien les choses, ça correspondait avec la pose de la première pierre" du futur stade de Port-Gentil, deuxième ville du Gabon et capitale pétrolière du pays. La cérémonie a été suivie d'un rituel de bénédiction des lieux par des chefs traditionnels.

Une visite payante, comme pour Pelé en 2012?

D'une capacité de 20.000 places, le nouveau stade est prévu pour accueillir les premiers matches test de la CAN-2017 dès novembre 2016, selon la présidence gabonaise. Un nouveau terminal - qui devrait être achevé à la fin 2015 - est également en cours de construction à l'aéroport international de Port-Gentil, dans la perspective notamment de la CAN-2017. Le Gabon a déjà co-organisé en 2012 une CAN, avec son voisin, la Guinée équatoriale, qui a elle-même été l'hôte de l'édition 2015. Et justement, la visite de Messi en rappelle un autre. En 2012, le roi Pelé avait touché la somme rondelette de 2,5 milliards de francs CFA, soit 3,8 millions d'euros pour cinq jours passés dans le pays, rappelle Le Figaro. Forcément, les Gabonais s'interrogent sur le montant qu'aura cette fois-ci coûté la visite d'un quadruple ballon d'or.

Droit de réponse de la présidence de la République gabonaise:

« Le Gabon, qui organisera la prochaine CAN en 2017 va construire le futur stade de Port Gentil. A cette occasion, Monsieur Lionel MESSI a accepté de participer à la cérémonie de la pose la première de cet édifice. Le déplacement de ce grand joueur international de football n’a donné lieu à aucune contrepartie financière telle que cela est évoqué dans votre article. Aussi, la République Gabonaise dément fermement les assertions selon lesquelles le Gabon aurait versé, voire promis de verser, une quelconque somme à Monsieur Lionel MESSI au titre du déplacement qu’il a récemment effectué au Gabon. »

D. N. et AFP