BFMTV

Egypte: quel avenir pour Mohamed Morsi?

Le président égyptien Mohamed Morsi

Le président égyptien Mohamed Morsi - -

Le président égyptien, issu des Frères musulmans est de plus en plus contesté et tente un bras de fer délicat avec l'armée de son pays. Peut-il rester au pouvoir?

En lançant un ultimatum, rejeté par le Mohamed Morsi, les militaires égyptiens reviennent au premier plan et prouvent encore une fois leur influence, tandis que la colère du peuple ne faiblit pas.

"L'armée n'est pas dans le jeu politique, elle se pose en arbitre", analyse le professeur d'histoire comptemporaine du monde arabe Pierre Vermeren sur BFMTV. "C'est un message fort pour dire qu'il est temps de reprendre le processus politique, gelé depuis trop longtemps".

Si la situation perdurait et que l'armée décidait d'intervenir, faute de consensus entre le gouvernement et l'opposition, la Constitution égyptienne prévoit la formation d'un conseil présidentiel composé des chefs de file des principaux courants politiques.

Ce conseil a pour mission de nommer avec l'armée un gouvernement de technocrates de transition jusqu'à l'organisation de nouvelles élections présidentielles et législatives.

Morsi attendu au tournant.

Mohamed Morsi, issu des Frères musulmans et élu il y a moins d'un an, est-il pour autant réellement menacé à son poste? Lundi soir, le président egyptien a affirmé qu'il ne permettrait "aucun retour en arrière quelles que soient les circonstances" et s'est posé en garant de la "réconciliation nationale" et de la "paix sociale".

Mais, même s'il venait à démissionner ou s'il était destitué, cela ne sonnerait pas forcément la fin de sa carrière politique car il pourrait toujours se présenter à sa propre succession. "Les Frères musulmans demeurent un courant politique fort sur la scène égyptienne, prévient le chercheur egyptien Nasri Fek. Leur parti est fortement implanté et ses cadres ne sont pas visés par les critiques".

Néanmoins, la gestion politique de la crise par Mohamed Morsi sera scrutée et, place Tahrir, l'espoir est grand. "L'armée s'est rangée du côté du peuple", affirmaient lundi soir les manifestants, déjà persuadés que "Morsi n'est plus [leur] président".

À LIRE AUSSI:

>> Egypte: "Morsi, dégage!"

>> Egypte: des parlementaires démissionnent en soutien aux opposants

>> La campagne pour le départ de Morsi revendique 22 millions de signatures

S. A. avec Brune Daudre