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"Disparus du Beach": un général congolais mis en examen en France

Norbert Dabira, à droite, en 2005. A ses côtés, Blaise Adoua, soupçonné d'être mêlé à la même affaire, et décédé en avril dernier.

Norbert Dabira, à droite, en 2005. A ses côtés, Blaise Adoua, soupçonné d'être mêlé à la même affaire, et décédé en avril dernier. - -

Un général congolais a été mis en examen en France jeudi pour "crimes contre l'humanité" dans une affaire de tortures et de disparitions de Congolais.

Le général congolais Norbert Dabira a été mis jeudi en examen jeudi à Paris pour "crimes contre l'humanité" dans l'enquête sur l'affaire des "disparus du Beach" de Brazzaville.

Les juges d'instruction reprochent à Norbert Dabira, 64 ans, la pratique massive et systématique d'enlèvements, de disparitions et d'actes de torture. Interpellé jeudi à Torcy en Seine-et-Marne, Norbert Dabira a été libéré sous contrôle judiciaire après sa mise en examen.

Dans cette enquête, ouverte en France en 2002, les juges d'instruction tentent d'éclaircir les circonstances de la disparition en 1999 de 350 Congolais au Beach, principal port de Brazzaville sur le fleuve Congo. Ancien inspecteur général de l'armée congolaise, Norbert Dabira est depuis octobre 2012 haut-commissaire à la réinsertion des ex-combattants, avec rang de ministre délégué.

Jugé en France à cause d'une maison de campagne

Il faisait en 2005 partie des 15 accusés -en majorité des haut gradés de l'armée et de la police congolaises- acquittés par la Cour criminelle de Brazzaville dans cette affaire. En France, la plus haute juridiction judiciaire française avait en avril 2008 signé la fin des poursuites dans cette affaire contre le chef de la police congolaise, Jean-François Ndengue. Mais la Cour de cassation avait alors validé les poursuites visant Norbert Dabira.

Réfugiés en République démocratique du Congo voisine après avoir fui la guerre civile, 350 Congolais avaient été portés disparus en 1999 lors de leur retour à Brazzaville, où ils avaient accosté au Beach, principal débarcadère de la ville sur le fleuve Congo.

Selon des ONG, à leur arrivée, ils ont été "arrêtés par des agents publics pour interrogatoire". La justice française avait pu être saisie au nom du principe de "compétence universelle", lui permettant d'enquêter sur des faits survenus à l'étranger lorsque l'un des mis en cause se trouve en France au moment de l'ouverture de l'enquête. Dabira disposait en effet d'une maison de campagne... non loin de Paris.

A. G. avec AFP