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Afrique du Sud: arrestations après un cambriolage chez un juge

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- - La cour constitutionnelle siège le 17 mars 2017 - MARCO LONGARI / AFP

Trois personnes liées à un cambriolage au sein des bureaux du président de la Cour constitutionnelle sud-africaine ont été arrêtées. L'opposition accuse le gouvernement d'être derrière le vol, intervenu deux jours après un arrêt très critique contre le gouvernement rendu par la Cour constitutionnelle.

La police sud-africaine a annoncé mercredi avoir arrêté trois personnes liées à un cambriolage suspect qui a visé la semaine dernière les bureaux du président de la Cour constitutionnelle, à l'origine d'une vive controverse politique.

Les trois suspects ont été interpellés à Mamelodi, un township de la banlieue de la capitale Pretoria, a précisé devant la presse le grand patron de la police, le général Khomotso Phahlane. Ils devaient être présentés mercredi devant un juge, a-t-il ajouté.

Samedi, des malfaiteurs ont visité les bureaux à Johannesburg du premier juge du pays, Mogoeng Mogoeng, et emporté quinze ordinateurs contenant, selon les autorités, des informations sensibles sur 250 magistrats sud-africains.

Coïncidence troublante

Ce vol est intervenu deux jours après un arrêt très critique envers le gouvernement rendu par la Cour constitutionnelle. Dans ce jugement, le plus haute instance judiciaire du pays étrillait le gouvernement pour son "incompétence" dans une crise qui menaçait de remettre en cause le paiement des allocations sociales de 17 millions de personnes.

Jugeant la coïncidence troublante, les deux principaux partis d'opposition ont accusé le gouvernement du Congrès national africain (ANC), et notamment le ministre de la Sécurité David Mahlobo, d'être impliqué dans le cambriolage.

"Allégations infondées"

Le général Phahlane a dénoncé ces mises en cause mercredi, affirmant que les personnes arrêtées n'étaient "que des criminels". Et il s'est élevé contre "les allégations infondées et farfelues visant tout membre ou responsable du gouvernement".

Le chef du groupe parlementaire de l'Alliance démocratique (DA, opposition), John Steenhuisen, a toutefois persisté dans ces accusations contre David Mahlobo. Il a publié mercredi sur le site d'information en ligne The Maverick une colonne intitulée "pourquoi je n'ai pas confiance en David Mahlobo et l'Agence nationale de sécurité".

Le chef de la police a précisé que d'autres arrestations étaient attendues dans cette affaire, mais que l'équipement informatique dérobé n'avait toujours pas été retrouvé.

G.D. avec AFP