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Abbas pourrait demander une reconnaissance de la palestine

Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a informé la Ligue arabe qu'il pourrait demander aux Etats-Unis de reconnaître un Etat palestinien occupant l'ensemble de la Cisjordanie en cas de poursuite du blocage des négociations de paix avec

Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a informé la Ligue arabe qu'il pourrait demander aux Etats-Unis de reconnaître un Etat palestinien occupant l'ensemble de la Cisjordanie en cas de poursuite du blocage des négociations de paix avec - -

par Lamine Ghanmi SYRTE, Libye (Reuters) - Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a informé la Ligue arabe qu'il pourrait...

par Lamine Ghanmi

SYRTE, Libye (Reuters) - Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a informé la Ligue arabe qu'il pourrait demander aux Etats-Unis de reconnaître un Etat palestinien occupant l'ensemble de la Cisjordanie en cas de poursuite du blocage des négociations de paix avec Israël.

L'idée, présentée lors de discussions à huis-clos des représentants des pays arabes réunis à Syrte en Libye vendredi, vise à presser Israël de prolonger le moratoire sur les constructions dans les colonies juives de Cisjordanie.

Pour le président palestinien, le gel de ces activités de peuplement est indispensable à la poursuite des négociations de paix.

Les ministres des Affaires étrangères des pays arabes ont fait part de leur soutien, mais redoutant un échec des discussions que Barack Obama a réussi à remettre sur les rails début septembre, ils ont annoncé une nouvelle réunion dans un mois pour examiner les "options" préconisées par Abbas.

Parmi ces options, figure une demande "aux Etats-Unis de reconnaître l'Etat de Palestine dans ses frontières de 1967", a expliqué le négociateur palestinien Saeb Erekat.

Une autre solution pourrait être de s'adresser au Conseil de sécurité pour obtenir le vote d'une résolution appelant les Etats membres à une telle reconnaissance.

"Je ne peux pas préciser quelles sont les solutions qui seront présentées par le président Abbas (à la Ligue arabe) mais le président va continuer de travailler avec l'administration américaine pour parvenir à un arrêt complet des activités de peuplement afin de relancer les négociations de paix", a dit Erekat.

WASHINGTON VEUT CONTINUER À TRAVAILLER

Selon une source diplomatique présente au sommet de Syrte, Abbas envisagerait également de menacer Israël de quitter la table des négociations tant que les constructions n'auront pas cessé.

Artisans de la reprise du dialogue, les Etats-Unis ont salué la position de la Ligue arabe qui a souhaité la poursuite des discussions interrompues après l'intervention israélienne dans la bande de Gaza en décembre 2008.

"Nous allons continuer à travailler avec toutes les parties et tous nos partenaires internationaux pour faire progresser les négociations vers une solution à deux Etats", a précisé P.J. Crowley, secrétaire d'Etat adjoint.

Les Palestiniens revendiquent la création d'un Etat qui réunirait la Cisjordanie, Jérusalem-Est ainsi que la bande Gaza, territoires pris à la Jordanie et à l'Egypte lors de la guerre des Six Jours.

Israël s'est retiré de Gaza en 2005 mais entend conserver la totalité de Jérusalem qu'il revendique comme sa capitale. L'Etat hébreu mène par ailleurs une campagne de colonisation en Cisjordanie avec la création d'enclaves de peuplement.

En novembre 2009, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait décrété un moratoire de dix mois sur les constructions en signe de bonne volonté pour aider à la reprise des négociations de paix.

Ce moratoire est arrivé à expiration le 26 septembre et Netanyahu refuse sa prolongation, étant soumis aux pressions des membres ultranationalistes au sein de la coalition gouvernementale qu'il dirige.

Pour l'instant, les Etats-Unis et les autres puissances mondiales ne se sont jamais montrés très enthousiastes à l'idée d'un Etat palestinien qui serait créé sans l'accord d'Israël.

Bien que considérant la colonisation comme illégitime, les grandes puissances soutiennent une solution négociée. Les Palestiniens font valoir que la colonisation les empêchera de disposer d'un Etat viable.

Mohammed Assadi; Pierre Sérisier pour le service français