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Une nouvelle forêt d'un million d'arbres verra-t-elle le jour aux portes de Paris?

Une nouvelle forêt pourrait voir le jour dans le Val-d'Oise.

Une nouvelle forêt pourrait voir le jour dans le Val-d'Oise. - MARCEL MOCHET / AFP

Dans le Val-d'Oise, des élus veulent créer une forêt de près de 1.350 hectares sur une plaine longtemps polluée par les eaux usées de Paris. Après plusieurs années à défendre le projet, une phase de concertation vient de débuter.

Et si une nouvelle forêt voyait le jour en Ile-de-France? Ce projet est défendu par plusieurs communes du Val-d'Oise qui veulent créer de toutes pièces une forêt de 1.350 hectares, plus d'une fois et demi la superficie du Bois de Boulogne.

Ce nouveau massif forestier verrait le jour à la plaine de Pierrelaye-Bessancourt, qui s'étend sur le territoire de sept communes près de Pontoise, à 25 km au nord-ouest de Paris. A l'origine de ce projet, une longue histoire liée à ce territoire autrefois boisé.

Zone polluée par les eaux usées de Paris

A la fin du 19e siècle, la plaine de Pierrelaye-Bessancourt était devenue une zone d'épandage des eaux usées de l'agglomération parisienne. A partir de 1896 et pendant près de cent ans, la Ville de Paris a en effet autorisation pour épandre des eaux d'égout vers la plaine de Méry-sur-Oise et Pierrelaye. Le territoire devient dans le même temps une terre agricole, où se développe particulièrement le maraîchage. Mais à la fin des années 1990, des études sanitaires ont mis à jour une pollution des sols aux métaux lourds, causée par des années d'épandage.

Depuis, un arrêté préfectoral interdit toute activité maraîchère sur cette plaine. Face à ces contraintes, les élus locaux ont entamé depuis le début des années 2000 une réflexion pour tenter de valoriser ce territoire pollué. Le choix s'est porté sur la création d'une forêt, un projet qui a même reçu le label Grand Paris en 2012. 

Mais le projet s'est heurté à des problématiques, notamment concernant le rachat des différentes parcelles qui doivent constituer la future forêt. La Ville de Paris qui en possède une souhaitait d'ailleurs utiliser son terrain pour stocker des déchets issus du Grand Paris. En 2016, le projet a été rejeté en bloc par le Syndicat mixte pour l'aménagement de la Plaine de Pierrelaye-Bessancourt (SMAPP), qui regroupe les élus des communes concernées, du département et de la région. 

"Ca suffit! Paris s'est libéré de ses eaux usées pendant un siècle sur notre plaine, il est hors de question qu'on continue d'utiliser nos espaces verts en décharge", s'agace dans Les Echos Michel Vallade, maire de Pierrelaye.

Un "poumon vert" d'un million d'arbres

Les élus défendent la création de ce "poumon vert" d'un million d'arbres aux portes de Paris. Il viendrait compléter un arc forestier partant de la forêt de Rambouillet au domaine de Chantilly, tout en participant à la préservation de l'environnement. 

"En pérennisant un espace naturel, en préservant et favorisant la biodiversité et en participant à la lutte contre le changement climatique, le projet d'aménagement forestier de la Plaine est un projet emblématique du XXIe siècle", soutiennent les défenseurs de cette nouvelle forêt. 

Depuis le début de l'année, le projet chiffré à 85 millions d'euros a franchi un nouveau pallier. Une première phase de concertation publique vient de débuter. En parallèle, des procédures administratives vont être lancées pour affiner le projet. Mais le processus prendra du temps car une enquête publique doit être déclenchée puis une phase d'expropriation des propriétaires qui n'est pas espérée avant courant 2019. 

Si toutes ces étapes sont validées, les Franciliens ne pourront pas se promener dans la nouvelle forêt avant plusieurs années. Des opérations d'assainissements des sols seront aussi nécessaires. Une fois le boisement débuté, les zones concentrant le plus de polluants resteront inaccessibles au public. Les porteurs du projet prévoient d'étaler la plantation des arbres sur une dizaine d'années. Il faudra ensuite 30 à 50 ans pour parvenir à une forêt mature.
Carole Blanchard