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Herbicides: une vidéo virale contre le glyphosate avant le vote européen

La vidéo de We move Europe, contre le glyphosate, est devenue virale sur internet.

La vidéo de We move Europe, contre le glyphosate, est devenue virale sur internet. - We move Europe

Faut-il ou non maintenir le glyphosate sur le marché européen? Le sort de cette molécule contenue dans le désherbant de marque Roundup sera tranché à Bruxelles mercredi et jeudi. En quelques jours, une vidéo de l'ONG We move Europe, s'opposant à son autorisation, est devenue virale.

L'autorisation de commercialisation du glyphosate par l'Union européenne (UE) expire fin juin. Cette substance active, largement utilisée dans les herbicides, est rapidement devenue le numéro 1 des ventes, notamment avec le Roundup du géant agrochimique américain Monsanto. Un comité d'experts représentant les Etats membres se réunit mercredi et jeudi pour se prononcer pour ou contre son renouvellement.

Début mars, l'UE avait repoussé sa décision, faute de majorité. Sur ce dossier, la bataille des lobbies fait rage.

"Nous ne voulons plus de ce poison chimique dans nos parcs, nos maisons ou notre nourriture", ont déjà demandé près de 250.000 Européens en signant une pétition de We move Europe. Le 12 mai dernier, le mouvement a mis en ligne une vidéo qui a été vue plus de 4 millions de fois sur Facebook. Elle rappelle en moins de deux minutes les principaux enjeux autour de cette molécule.

Doutes sur les études

De nombreuses études scientifiques ont été publiées sur le sujet. La dernière en date vient du Joint Meeting on Pesticide Residues (Jmpr), un comité commun à l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et à l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Elle estime dans un rapport publié lundi qu'il est "peu probable que le glyphosate provoque un risque cancérogène chez les humains qui y seraient exposés par l'alimentation".

Le Centre international de recherche contre le cancer (Circ) de l'OMS avait pourtant déclaré l'inverse en mars 2015.

En mars dernier, six ONG environnementales ont porté plainte contre l’entreprise Monsanto et les deux organismes responsables de l’évaluation des risques du glyphosate en Europe: l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) et l’Institut fédéral allemand pour l’évaluation des risques (BfR).

Elles les accusent d’avoir détourné au profit des industriels les résultats d’études scientifiques, afin de démontrer l’innocuité du glyphosate, et de maintenir sa commercialisation sur le marché européen.

"La précaution implique de refuser les glyphosates"

Marisol Touraine a assuré ce mercredi que "la France s'engageait pour l'interdiction des glyphosates". "La précaution implique de refuser les glyphosates", a assuré la ministre de la Santé à la sortie du conseil des ministres, rappelant que les études dont nous disposons montrent que c'est un perturbateur endocrinien.

Pour les particuliers seulement?

Une fois la décision de l'Europe prise, elle devra encore être approuvée ou non en France, par le ministère de l'Agriculture.

L'été dernier, la ministre de l'Ecologie, Ségolène Royal, avait monté une belle opération de communication à destination des jardiniers du dimanche en retirant du Roundup des rayons d'une jardinerie. Mais il s'agissait simplement de mieux encadrer la vente auprès des particuliers dans les magasins. Elle ne s'adressait pas au monde agricole, principal utilisateur de glyphosate.

Dans un débat au Sénat début mai, le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll a déclaré qu’"en l’état, il n’(était) pas question de renouveler l’autorisation à l’échelle européenne". Discours ambigu dans la mesure où il a aussi fait comprendre que les produits phytosanitaires qui sont sur le marché correspondaient aux besoins de l’agriculture en France et dans le monde. "Je ne peux pas interdire le produit chez nous alors que ce n’est pas le cas chez les voisins", a-t-il objecté.