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Incendies dévastateurs en Californie: le rôle du réchauffement climatique

C’est le même sinistre décompte chaque année en Californie, des dizaines de feux touchent l’Ouest des Etats-Unis. Depuis le 16 août, plusieurs incendies majeurs ravagent cet Etat, en particulier celui de Blue Cut, au sud de Los Angeles. Mais d’année en année, leur nombre et leur ampleur augmentent, favorisés par le réchauffement climatique au niveau mondial.

Blue Cut, Soberanes, Clayton mais aussi Basin… La Californie est confrontée, comme chaque année à la même période, à une série d’incendies gigantesques. Certains sont d’origine criminelle, d’autres sont partis spontanément, mais tous sont alimentés par des vents violents, des températures caniculaires qui avoisinent les 40 degrés et une végétation desséchée par cinq année de sécheresse consécutives.

Dans le sud de l’état, le plus ravageur est celui de Blue Cut, qui a entraîné l’évacuation de 82.000 personnes et ravagé plus de 14.000 hectares, deux jours avoir un départ de feu dont les causes restent inconnues. Il est actuellement maîtrisé à 22% par les pompiers, qui travaillent dans des conditions très difficiles.

Une saison des feux de plus en plus longue

10.000 pompiers au total sont déployés et le gouverneur de Californie, Jerry Brown, a déclaré l’état d’urgence. L’incendie de Soberanes, qui sévit depuis le 22 juillet déjà, a détruit quant à lui près de 32.000 hectares et n’est pas encore complètement maîtrisé (à 60% seulement). Toutes ces informations sont actualisées en temps réel sur le site Firetracker (le chasseur de feu), lancé il y a trois ans par la radio publique KPCC.

En Californie, le sinistre bal des incendies fait en effet son retour chaque année, durant la saison des feux. Le pic de cette saison est habituellement à l’automne, quand la végétation, desséchée par l’été, est très inflammable. Mais depuis une quinzaine d’années, les feux se multiplient et leur saison semble s’allonger. Elle dure deux mois de plus que dans les années 70, relève France Info.

7 mois d'incendie en 2015, contre 5 en 2000

En 2015, elle s’est étendue sur 7 mois, du 1er juin au 16 novembre, et sur 8 mois, du 5 mai au 8 décembre l’année précédente, peut-on lire sur le site de Cal Fire, l'agence de prévention et d'information californienne sur les incendies, qui regorge de statistiques sur les incendies. En 2000, la saison des feux avait couru sur 5 mois, du 5 juin au 30 octobre.

"L'activité des feux a bondi ces dernières semaines, en nombre mais aussi en dangerosité", confirme Daniel Berlant à l’AFP, porte-parole de Cal Fire. "On espérait que El Nino permettrait d’apporter des précipitations mais ça n’a pas été le cas", pointe quant à lui Jean Jouzel, climatologue et ancien vice-président du Giec, interrogé sur RMC jeudi.

Sécheresse et réchauffement climatique

Outre le peu d’intempéries, c’est le réchauffement climatique lié aux activités humaines qui expliquerait la multiplication des feux, à l’échelle mondiale. En 2015, alors que 22.000 hectares avait brûlé en Californie, soit près de trois fois plus que la moyenne habituelle sur les cinq dernières années, selon CNN, une étude menée par des chercheurs australiens et américains décrivait l’incidence du réchauffement sur ces phénomènes. 

"Le changement climatique semble étendre la saison des feux dans différents endroits du monde. En parallèle, il augmente le nombre d’endroits confrontés à ces saisons plus longues. Et il augmente les zones où le risque de saisons rallongées est important", expliquait le site Christian Science Monitor, qui rapportait l’étude.

Deux fois plus de kilomètres carré brûlés

Quelques mois plus tard, Mike Flannigan, un professeur d’université canadien spécialiste des incendies dressait le même constat sur Radio Canada, après l’incendie dantesque qui a ravagé Fort McMurray. Douze avant Fort McMurray, une de ses études, menée avec l'Université de Victoria, révélait que le nombre de kilomètres carré brûlés a doublé depuis les années 1970.

"Nous pensons que c'est dû au réchauffement climatique", résumait simplement Mike Flannigan, cité par Radio Canada, qui rapportait aussi la conclusion alarmiste d’un climatologue de l’université de l’Arizona: "La neige fond plus tôt, les sols et la végétation sèchent plus tôt et la saison des feux commence plus tôt. C'est une catastrophe."

Charlie Vandekerkhove