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Comment fonctionnent les lacs réservoirs qui protègent contre la crue de la Seine?

Construits après les grandes crues du début du 20e siècle, quatre lacs réservoirs sont chargés d'absorber une partie du débit des affluents de la Seine pour empêcher les inondations.

La Seine déborde à Paris mais la situation pourrait être pire sans l'aide précieuse des lacs réservoirs. Ces quatre plans d'eau artificiels, créés en amont de la région parisienne, dans la Marne, en Champagne mais aussi en Bourgogne captent une partie de l'eau qui vient gonfler le niveau de la Seine. Ces aménagements, construits à partir des années 1960, permettent grâce à des barrages d'accumuler de l'eau en hiver et de la relâcher en été.

"Les lacs réservoir permettent d'écrêter les débits. On prend une partie du débit de la Seine et on le dérive vers nos lacs et depuis un mois on écrête une grande partie des débits de la partie amont. En ce moment, 50% des débits qui arrivent de l'amont sont écrêtés par nos lacs", explique sur BFMTV Frédéric Gache, chef du service Directive inondation à EPTB Seine Grands lacs, qui exploite ces bassins. 

Les bassins remplis à 75%

Lors du premier pic de crue au début du mois de janvier, une quarantaine de centimètres ont ainsi été prélevés du niveau de la Seine. Alors que le fleuve doit encore gonfler dans les prochaines heures et pourrait dépasser les 6,10 mètres de la crue de 2016, les bassins fonctionnent à plein régime.

"Il nous reste encore de la capacité. On est à 75% de remplissage de nos ouvrage. Donc il nous reste deux à trois jours sur certains et une dizaine de jours sur Marne", poursuit Frédéric Gache. 

Au-delà, les bassins ne pourront plus absorber davantage de débit. En juin 2016, ils étaient arrivés à plus de 90% de leurs capacités de stockage. Ces bassins font gagner quelques centimètres mais n'empêchent pas les inondations et les débordements. 

"Ce n'est pas une assurance tout risque. Ils ont le mérite d'exister mais à partir du moment où ils sont saturés si les pluies continuent dans les semaines à venir, on ne pourra plus assurer les missions puisque les ouvrages seront remplis", ajoute l'expert. 

Un autre bassin pourrait faire gagner 5 cm

A Paris, des voix s'élèvent pour réclamer davantage d'investissements dans ces lacs pour minimiser les effets des crues. "Depuis plus de 15 ans, une solution, partielle, existe pourtant: le projet de barrages-réservoirs de la Bassée", écrit dans un communiqué Yves Pozzo di Borgo, élu du groupe UDI-MoDem au Conseil de Paris.

Ce projet à l'étude depuis les années 90 a été soumis à un débat public entre 2011 et 2012. "Il permettrait d'avoir un effet notable d'abaissement de la ligne d'eau en cas de crue majeure avec un gain d'environ 5 centimètres à Paris", détaille Seine Grands Lacs qui a mené des études sur le sujet, qui reste encore à ce jour au stade de projet. 

Carole Blanchard