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Alpes: la météo trop clémente laisse des stations de ski sans neige

Le glacier de la Mer de Glace, à Chamonix-Mont Blanc, dans les Alpes françaises, le  2 septembre 2016.

Le glacier de la Mer de Glace, à Chamonix-Mont Blanc, dans les Alpes françaises, le 2 septembre 2016. - JEAN PIERRE CLATOT - AFP

A cause de l'anticyclone et d'un enneigement trop précoce, des stations des Alpes attendent toujours avec impatience les chutes de neige qui vont leur permettre d'ouvrir en totalité leur domaine skiable pour cette saison hivernale.

"On est soucieux mais pas inquiets", affirme Nicolas Durochat, le directeur de l'office de tourisme de Chamonix, en région Auvergne-Rhône-Alpes. Car depuis la mi-novembre où la station a connu d'importantes chutes de neige, plus rien n'est tombé. La faute à une météo trop clémente. Une situation loin d'être exceptionnelle, comme l'explique Nicolas Durochat, "puisqu'on a ouvert aussi tard les années d'avant".

Pas de neige dans les vallées

Toutefois, même si en vallée l'enneigement est quasi-inexistant, celui "en très haute altitude est bon", rassure-t-il, ce qui a permis l'ouverture partielle ce vendredi du sommet des Grands Montets.

Même constat amer à la station de Chamrousse, dans la même région, où le domaine skiable est fermé et dont l'ouverture est, pour le moment, prévue le 16 décembre. Il était pourtant praticable à la même époque l'année dernière, se rappelle Emilie Garcin de l'office de tourisme, qui admet cependant que "ce n'est pas la première fois que ça arrive". 

L'anticyclone en cause

Cependant, rien d'alarmant pour Gilles Brunot, météorologue chez Météo France. "Au-dessus de 2.000 mètres, l'enneigement est normal pour la saison. Mais en dessous de ce seuil, dans les vallées, il y a très peu de neige naturelle. C'est à peu près partout pareil".

Selon lui, certaines stations de ski des Alpes pâtissent aujourd'hui des fortes chutes de neige précoces de la mi-novembre qui ne se sont pas pérennisées à cause notamment de l'anticyclone. Depuis, la neige a fondu à basse altitude. 

Malgré tout, quelques stations à très haute altitude ont pu tirer leur épingle du jeu. C'est le cas de Tignes et de Val-Thorens. D'autres, comme celle de Serre-Chevalier, proches de la frontière italienne dans les Hautes-Alpes, ont bénéficié de nouvelles chutes de neige après celles de la mi-novembre. 

"Il y a de bonnes conditions de neige, surtout en altitude où les premières chutes datent d'il y a un mois environ", précise Lisa Gibello de l'office de tourisme, ce qui a donc permis à la station d'ouvrir en avance une partie de ses pistes, les 3 et 4 décembre derniers.

Rien d'imputable au réchauffement climatique

Toutefois, contrairement aux idées reçues, les températures clémentes qui s'invitent sur la totalité des Alpes, ne sont pas imputables au réchauffement climatique, assure le météorologue. "Pour voir son impact, il faut faire une moyenne sur des dizaines d'années", précise-t-il. Selon lui, il est plus juste de parler de cycles. Jusqu'en 2012, par exemple, énormément de neige est tombée sur les massifs.

Quant à la pollution qui touche actuellement la région de Lyon, elle n'a aucune incidence sur la météo des stations, tout simplement parce que les domaines se situent bien au-dessus du couvercle de pollution, rappelle Géraldine Guillaud, coordinatrice des programmes de l'observatoire ATMO Auvergne-Rhône-Alpes.

Aurore Coulaud